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Une collection à 200 millions de livres sterling en vente à Londres

Sotheby’s disperse le 24 juin 2026 des œuvres de Lucian Freud, Amedeo Modigliani, Gustav Klimt, Egon Schiele ou encore Francis Bacon réunies par Joe Lewis, un ancien actionnaire de Christie’s.

Anna Brady
22 juin 2026
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Dans un geste qui témoigne d’une grande confiance dans le marché de l’art britannique, le milliardaire Joe Lewis soumet, le 24 juin 2026, une partie de son importante collection au marteau de Sotheby’s, à Londres. Estimé entre 150 et 200 millions de livres sterling (173-231 millions d’euros), cet ensemble est le plus onéreux jamais proposé au Royaume-Uni provenant d’un unique propriétaire.

Cette dispersion fait suite à celle, en mars, chez Sotheby’s, de quatre œuvres (signées Francis Bacon, Lucian Freud et Leon Kossoff) issues de cette même collection. Elle avait totalisé 35,8 millions de livres sterling (41 millions d’euros) frais compris. L'ensemble représente « une liste exhaustive des titans des 150 dernières années : Lucian Freud, Amedeo Modigliani, Gustav Klimt, Egon Schiele, Gustave Caillebotte, Chaïm Soutine, Pablo Picasso, Francis Bacon », résume Oliver Barker, président de Sotheby’s Europe. Il s’agit « sans conteste de la meilleure vente que nous ayons jamais proposée à Londres, tant en matière d’estimation que de créativité et d’impact  », ajoute-t-il.

UNE FORTUNE REMARQUÉE

Parmi les pièces phares figurent : le portrait mondain Bildnis Gertrud Loew (Gertha Felsőványi) (1902), par Gustav Klimt, estimé entre 20 et 30 millions de livres sterling (23-34,6 millions d’euros) ; Homme à la pipe (Le notaire de Nice) (1918) d’Amedeo Modigliani, entre 12 et 18 millions de livres sterling (13,8-20,8 millions d’euros) ; Two Studies for Self-Portrait (1977) de Francis Bacon, entre 8 et 12 millions de livres sterling (9,2-13,8 millions d’euros) ; ou encore Woman in a Grey Sweater (1987-1988) de Lucian Freud, entre 3 et 4 millions de livres sterling (3,4-4,6 millions d’euros). Danaë d’Egon Schiele, huile sur toile peinte en 1909, alors que l’artiste n’avait que 19 ans, est mise en vente pour la première fois depuis son retrait d’une vacation chez Sotheby’s, à New York, en mai 2017. Elle était alors proposée entre 30 et 40 millions de dollars (25,8-34,4 millions d’euros) et revient aujourd’hui avec une estimation nettement inférieure, comprise entre 12 et 18 millions de livres sterling (13,8-20,8 millions d’euros). Joe Lewis et sa fille Vivienne ont constitué cet ensemble au fil des décennies, surtout entre le début des années 1990 et 2015. Selon un porte-parole de la famille, leur parcours de collectionneurs « est loin d’être terminé ». La décision de disperser ces œuvres à Londres n’est pas le fruit du hasard. Après plusieurs collections gigantesques mises en vente avec succès à New York en mai, dont celle de S. I. Newhouse, il y avait un risque de diluer celle des Lewis au milieu d’une offre abondante.

Joe Lewis, âgé de 89 ans, réside aux Bahamas. Son patrimoine est estimé à environ 7 milliards de dollars (6 milliards d’euros) par Forbes. Le Britannique a fait fortune sur le marché des changes au cours des années 1980 et 1990, et préside actuellement la société d’investissement Tavistock Group. Dans les années 1990, il est devenu le principal actionnaire de Christie’s, avant de céder, selon certaines sources, sa participation à François Pinault. En 2016, The Guardian citait les Panama Papers révélant qu’une société offshore dont le compte bancaire était contrôlé par Joe Lewis avait discrètement acheté plus de cent tableaux de la légendaire collection de Victor et Sally Ganz de gré à gré, avant qu’elle ne soit dispersée publiquement chez Christie’s en 1997. Les documents des Panama Papers indiquent en outre que tout bénéfice de la vente supérieur aux 168 millions de dollars (144,8 millions d’euros) payés par la société de Joe Lewis serait partagé avec Christie’s – préfigurant les mécanismes de garantie aujourd’hui répandus sur le marché. La vacation avait rapporté 206 millions de dollars (177,6 millions d’euros), un record à l’époque. Cette fois, la collection n’est pas garantie.

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« Masterpieces from the Lewis Collection », 24 juin 2026, Sotheby’s London, 34-35 New Bond Street, Londres W1A 2AA, Royaume-Uni.

Marché de l'artVente aux enchèresSotheby'sOliver BarkerLondresJoe LewisArt moderne
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