Alors que la guerre entre Israël et le Hamas entame sa troisième année, les responsables d’institutions israéliennes témoignent de collaborations interrompues, d’un travail marqué par le traumatisme et du « silence assourdissant » du monde de l’art.
Malgré les efforts du Musée d’art et d’histoire de Genève, un expert estime qu’environ 30 % des pièces sont restées sur place et ont été détruites lors de l’attaque visant le principal centre de conservation archéologique de Gaza.
Selon la presse locale, des protocoles d’urgence ont été déclenchés pour protéger les objets culturels et les sites patrimoniaux, dans le contexte du conflit armé avec Israël.
À l’issue d’une réunion « extraordinaire », l’organisation a inscrit 34 sites historiques sur sa liste de protection renforcée.
Ruth Patir a déclaré qu’elle avait, en accord avec les commissaires de l’exposition, décidé de ne pas ouvrir le pavillon tant qu’Israël et le Hamas n’auront pas conclu « un accord de cessez-le-feu et de libération des otages ».
Plus de 19 000 personnes ont signé une lettre ouverte demandant que le pays soit banni de la Biennale d’art 2024. Le ministre italien de la Culture, Gennaro Sangiuliano, ainsi que les organisateurs de la Biennale s’y opposent.
Les institutions culturelles du monde entier sont confrontées à une interrogation : comment – ou faut-il – réagir publiquement à la guerre entre Israël et le Hamas ?
Ces commentaires interviennent quatre jours après que l’ICOM Israël a demandé à l’organisation affiliée à l’Unesco de condamner le Hamas en tant qu’organisation terroriste.
Alors que le président français Emmanuel Macron est arrivé en Israël ce mardi 24 octobre pour marquer le soutien de la France à « Israël et aux Français d’Israël », des représentants de nombreux musées de l’État hébreu, dont le Musée d’Israël et le Musée d’art de Tel-Aviv, demandent à l’ICOM de reconnaître le Hamas comme une organisation terroriste comparable à l’État islamique.
Réuni à Riyad, en Arabie saoudite, le comité a décidé de protéger des sites anciens en Chine, en Iran, en Cisjordanie, le long de la Route de la soie ou encore en Tunisie. La Maison Carrée de Nîmes ainsi que la montagne Pelée et les pitons du Nord à la Martinique ont également été distingués.
Initialement prêtés à la Maison Blanche en 2019, les objets – dont certains font partie de la collection des Trésors nationaux d'Israël – ont suivi l’ancien président américain dans sa résidence de Floride. Ils n'ont toujours pas été restitués.