Lors d’une rencontre organisée samedi 10 octobre 2026 au Vatican avec les directeurs de grands musées internationaux, le pape Léon XIV a affirmé que « les œuvres conservées dans les musées témoignent d’une histoire qui parle à chacun ». Le souverain pontife a reçu les membres du Groupe Bizot, officiellement dénommé Groupe international des organisateurs de grandes expositions.
« Chaque musée est un lieu de mémoire, de beauté et d’histoire, qui favorise les rencontres entre les générations et encourage la culture et la créativité humaine », a-t-il ajouté. Ces déclarations en faveur des musées ont été saluées par les participants à la rencontre, parmi lesquels figuraient Laurent Le Bon, président du Centre Pompidou, Christophe Leribault, président-directeur du musée du Louvre, Sylvie Ramond, directrice du musée des Beaux-Arts de Lyon, et Annick Lemoine, présidente des musées d’Orsay et de l’Orangerie.
Dans une publication sur Instagram, Tristram Hunt, directeur du Victoria and Albert Museum de Londres, a notamment retenu le message du pape invitant à considérer l’art moins sous son seul aspect esthétique que comme « un moyen de proclamer l’Évangile par la beauté ». Tristram Hunt y voit « un message d’une assurance rafraîchissante, assurément différent des discours habituels ».
Également présent à cette réunion du Groupe Bizot, Max Hollein, directeur du Metropolitan Museum of Art de New York, a souligné sur les réseaux sociaux que « Sa Sainteté a évoqué avec profondeur l’importance de l’art, des musées et de la mémoire ». Fondé en 1992, le Groupe Bizot se réunit régulièrement pour débattre de questions touchant notamment aux politiques des institutions muséales. Il est actuellement présidé par Taco Dibbits, directeur du Rijksmuseum d’Amsterdam.
Cette rencontre témoigne une nouvelle fois de l’engagement du Vatican en faveur des arts et de la culture, après la mise en garde du souverain pontife contre les risques que pourrait faire peser l’intelligence artificielle (IA) sur la création humaine.
Lors d’une précédente allocution, le 2 octobre, devant un groupe d’artistes et de commissaires d’exposition, Léon XIV avait ainsi déclaré : « L’Église a besoin de vous. Cela est particulièrement vrai à l’ère de l’intelligence artificielle, où il devient urgent de distinguer l’art créé par l’être humain de ce que produisent les machines. Il existe une différence ontologique – avant même d’être esthétique – entre l’art et ce qu’une machine peut générer par un calcul statistique à partir de millions d’images créées par d’autres. »
Le pape s’exprimait lors d’une rencontre organisée par le Dicastère pour la culture et l’éducation du Vatican. « Les algorithmes sont dépourvus de cette étincelle humaine, tandis que la culture et l’art authentiques la préservent », a-t-il ajouté, citant sa première lettre encyclique, Magnifica Humanitas, publiée en mai.
Par ailleurs, le Saint-Siège participe cette année à la Biennale de Venise avec une exposition réunissant des artistes, poètes et musiciens de renom, parmi lesquels Brian Eno, FKA Twigs et Precious Okoyomon. Intitulée « The Ear is the Eye of the Soul » (9 mai-22 novembre 2026), elle prend pour point de départ la vie et l’héritage de sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179), religieuse bénédictine du Moyen Âge, à la fois abbesse, poétesse, guérisseuse et compositrice.




