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Entretien

Xavier Eeckhout : « c’est notre rôle d’aider ceux qui n’ont pas encore de galerie »

Fine Arts Paris, le Salon d’art et d’antiquités, revient au Grand Palais sous la houlette d’un nouveau président, marchand réputé de sculptures animalières. Gros plan sur cette édition.

Propos recueillis par Alexandre Crochet
17 septembre 2026
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Xavier Eeckhout. © Tanguy de Montesson

Xavier Eeckhout. © Tanguy de Montesson

Après plusieurs années en novembre, le retour au créneau de septembre pour Fine Arts Paris permet-il d’attirer plus d’exposants ?

Ce créneau de septembre est meilleur, et, rappelons-le, il est aussi historique, car c’était celui de la Biennale des antiquaires. Il a l’avantage de nous assurer un temps clément, contrairement aux mois hivernaux, puisque le Grand Palais ne se prête guère à des météos plus contraignantes. Mais il a le désavantage de nous placer face au Parcours des mondes, qui se tient une semaine avant, et, de ce fait, nous couper des marchands d’art tribal. C’est un réel inconvénient en tant qu’organisateur souhaitant proposer un salon éclectique, car il nous importe de présenter de l’art africain ou de l’art océanien. Or, ils font partie des grands absents de Fine Arts Paris.

Par ailleurs, notre manifestation a lieu trois semaines avant Art Basel Paris, la Foire de référence pour l’art contemporain, ce qui nous affecte assez peu dans ce domaine, mais un peu plus pour le second marché. Il est donc très compliqué pour nous d’avoir des exposants qui veulent assister à deux événements se tenant dans un même lieu, le Grand Palais. Hormis quelques-uns, tel Franck Prazan [Applicat-Prazan, à Paris], lequel nous rejoint pour la première fois, très peu ont fait ce double choix.

Quels autres marchands n’avaient encore jamais participé ?

L’édition 2026 va offrir au public, aux collectionneurs, un large panel de qualité venu du monde entier. Parmi les nouvelles recrues figure Waddington-Custot [Paris], qui est aussi présente à Art Basel. Thomas Gibson, marchand d’art moderne, de second marché, très installé à Londres, et exposant majeur de la Tefaf, à Maastricht, est au rendez-vous, tout comme la galerie Chenel, spécialiste en archéologie. Cette dernière n’avait plus participé à la Biennale depuis 2015, je suis donc très content qu’elle se joigne à nous. Landau Fine Art, de Montréal, primoparticipante en 2025, réitère sa venue. Bref, le niveau est élevé !

Qu’en est-il de la récente section Nouveaux Horizons, qui ressemble peu ou prou à Showcase de la Tefaf ?

C’est exact. Le but est toutefois non pas de copier, mais d’aider les jeunes marchands. J’ai personnellement le souvenir d’avoir été plus que joyeux lorsque la Tefaf m’avait sélectionné pour le secteur Showcase et tout autant lorsque Christian Deydier, alors président de la Biennale des antiquaires, m’avait donné le plus petit stand en 2012. C’est aussi le rôle de professionnels plus installés d’aider ceux qui n’ont pas encore de galerie, ou n’ont pas encore fait de salon, en leur proposant d’intégrer un événement international grâce à de petits stands d’environ 10 m² qui ne coûtent pas cher, mais sont implantés au milieu des allées principales. Cela leur met le pied à l’étrier en arrivant directement au Grand Palais.

Console, vers 1680, bois doré et marbre. © Galerie Léage, Paris

Autre point fort : le « best-of » fait par des designers et des décorateurs de renom.

S’il en manque quelques-uns, les grands décorateurs historiques sont là, à l’instar de Jacques Grange, Jacques Garcia, François-Joseph Graf, auxquels s’ajoutent de nouveaux talents, comme Edgar Jayet ou Tristan Auer, l’un des décorateurs les plus en vogue – il vient de refaire le Carlton, à Cannes, le plus gros chantier hôtelier en France, ainsi que l’hôtel de Crillon, à Paris. Sans oublier Charles Zana, bien sûr, qui s’occupe de la décoration générale de Fine Arts Paris, dans un esprit néoclassique. Citons également Thierry Lemaire, Chahan Minassian, Sybille de Margerie, Kelly Boukobza, Victor Cadene, Jean-Michel Wilmotte, Timothy Corrigan, Nathalie Crinière, Juan Pablo Molyneux, Jessica Mille, Constance Guisset… Ils forment un ensemble très international. Plus que jamais, aujourd’hui, ces décorateurs sont très importants pour les marchands – ils se placent au même niveau que les art advisors ! Il n’y a pas, de nos jours, de gros chantiers ou de grosses ventes sans qu’un décorateur n’intervienne, hormis quelques collectionneurs qui savent tellement bien de quoi ils parlent qu’ils n’ont besoin d’être aiguillés par personne.

Le déjeuner d’ouverture change aussi de lieu…

Exit en effet le restaurant : le déjeuner se déroule sur les balcons d’honneur. C’est la première fois que le Grand Palais autorise cela. Nous avons choisi une jeune cheffe de 30 ans, Manon Fleury. Lauréate très douée de l’émission « Top Chef », elle a ouvert un restaurant étoilé, Datil, dans le Marais.

Que faites-vous pour attirer les collectionneurs étrangers ?

Outre de bénéficier du fichier de chaque galerie, nous nous entourons de professionnels, notamment pour l’Angleterre, les États-Unis, le Moyen-Orient et l’Asie. Nous collaborons également avec la responsable du centre d’art Rodin, à Shanghai, qui vient avec un groupe de collectionneurs asiatiques. Tous jouissent d’un programme VIP spécial, du déjeuner inaugural aux visites privées, par exemple du château de Chantilly. Nous faisons le maximum pour attirer ce type de clientèle internationale.

--

Fine Arts Paris, 19-23 septembre 2026, Grand Palais, avenue Winston-Churchill, 75008 Paris.

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