Créé en 2021 dans le cadre d’Art-o-rama, le prix PÉBÉO pour la peinture récompense chaque année des artistes par l’acquisition d’une ou plusieurs œuvres, pour un montant total de 10 000 euros. Fondée à Marseille en 1919, l’entreprise familiale, spécialisée dans la fabrication de couleurs et de matériaux pour les artistes, enrichit ainsi une collection d’art contemporain constituée au fil de ses engagements en faveur de la création. « Nous voulons donner un éclairage à la peinture, qui a parfois été un peu oubliée par l’art contemporain, mais qui reprend une place, comme on a pu le voir sur les éditions précédentes », explique Éric Chaveau, président de PÉBÉO. Chaque année, autour de Patricia et Éric Chaveau, le jury associe un collaborateur de l’entreprise à une personnalité du monde de l’art. En cinq éditions, ses choix ont donné corps à cette ambition, tout en affirmant une définition élargie de la peinture, attentive à ses supports, à ses matières et aux formes qu’elle emprunte au contact d’autres médiums.

Vue du stand de Meessen (Bruxelles) sur Art-o-rama 2025, avec les œuvres de Léa Belooussovitch, lauréate du prix PÉBÉO 2025. Photo Margot Montigny.
La première édition donne le ton. En 2021, les lauréats sont Florian et Michaël Quistrebert, représentés par la galerie parisienne Crèvecœur, récompensés pour une série mêlant abstraction et figuration par des jeux d’optique, avec des références allant de l’art gothique au cinéma expérimental, ainsi que l’artiste italienne Bea Bonafini (galerie Bosse & Baum, Londres), dont les compositions inspirées de récits mythologiques associent peinture et tradition textile.
En 2022, le prix revient à Marina De Caro (In Situ-fabienne leclerc, Romainville), qui fait de la couleur une expérience physique. Instrument sensible de la perception chez l’artiste argentine, le corps devient un enjeu plus directement politique l’année suivante, lorsque le jury distingue l’artiste français Nils Alix-Tabeling (Public Gallery, Londres). Ses huiles et ses gouaches convoquent aussi bien les références symbolistes que les imaginaires queers contemporains pour aborder l’écologie et la liberté sexuelle. Cette portée politique se retrouve en 2024 dans la pratique collective des artistes iraniens Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh et Hesam Rahmanian (In Situ-fabienne leclerc, Romainville). Avec The Exquisite Corpse 2 (Siah) (2023), œuvre sur papier mêlant acrylique, gesso et collage, le trio représente une table dressée pour Nowruz, le Nouvel An persan célébré à l’équinoxe de printemps, autour de laquelle apparaît Siah, personnage satirique du théâtre populaire associé à cette fête et dont l’irrévérence rend hommage à la liberté de parole.
En 2025, le prix est décerné à l’artiste française Léa Belooussovitch (Meessen, Bruxelles), qui transpose sur feutre des images issues de la presse et d’Internet, puis en estompe les contours afin de tenir à distance la violence des sujets représentés, et au peintre danois Kristian Touborg (Vacancy, Shanghai), dont les œuvres confrontent la matérialité de la peinture à l’univers visuel du numérique. Par ce double choix, le jury souligne deux préoccupations majeures de la peinture actuelle : la mémoire des images et leur inscription dans de nouvelles matérialités.
À travers ce prix PÉBÉO, cette année encore la peinture sera à l’honneur à Art-o-rama.
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« Art-o-rama », du 28 au 30 août 2026, Friche la Belle de Mai, 41 rue Jobin, 13003 Marseille.



