Dans un rapport sur la gestion de l’immobilier de la Bibliothèque nationale de France (BnF), publié le 27 mai 2026, le Sénat demande conjointement aux ministères de l’Économie et des Finances et de la Culture de se pencher sur le cas du site François-Mitterrand. Trente ans après son ouverture, les besoins de ce bâtiment monumental signé Dominique Perrault nécessitent des travaux de rénovation de grande ampleur. Selon les hôtes du Palais du Luxembourg, la réhabilitation de l’édifice implique un investissement de 527 millions d’euros, dont 93 millions destinés à la modernisation des systèmes de chauffage et de ventilation, 26 millions à l’aménagement des espaces de stockage documentaire et 212 millions au renforcement de la structure du bâtiment.
Après plusieurs décennies d’optimisation de son patrimoine immobilier et la réussite de la rénovation du quadrilatère Richelieu, sur son site situé à proximité du Palais-Royal, dans le 2e arrondissement de Paris, la politique immobilière de la BnF aborde une étape cruciale. Selon le rapport, la plupart des installations techniques datant de l’ouverture du site François Mitterrand tombent en décrépitude : 25 % seraient dans un état « très critique » et 30 % seraient dans un état « critique ». Un passage plutôt édifiant du texte indique même que certaines pièces détachées sont récupérées sur des appareils hors service pour réparer d’autres équipements plus stratégiques. Le rapport parle d’une forme d'« autocannibalisme » et précise que cette situation n’est pas soutenable à long terme. Pour remédier à ses déconvenues, le rapport envisage explicitement la fermeture totale ou partielle de l’édifice si des pannes majeures surviennent à l’avenir.
Le problème se situe également au niveau de l’engorgement progressif des espaces de stockage, les réserves de l’institution étant remplies à environ 90 % de leur capacité. Pour faire face à cette saturation, la BNF a entrepris la construction d’un centre de conservation à Amiens, où sera notamment conservée la presse. Le coût total de ce projet est évalué à 116,4 millions d’euros, dont près de 60 % supportés par l’État. Le rapport du Sénat recommande à la BnF de « sécuriser ce financement ». En définitive, l’accumulation des besoins d’entretien, la maintenance des équipements techniques, les exigences de sécurité et les objectifs de performance énergétique font peser sur l’établissement de nombreux investissements, qui dépassent ses capacités de financement actuelles. « Il sera donc nécessaire d’établir, dès que possible, la trajectoire budgétaire pluriannuelle de la rénovation du site François-Mitterrand », précise le rapport.
La direction de la BnF a réagi jeudi 28 mai en indiquant avoir engagé, depuis plusieurs mois, un travail approfondi de hiérarchisation des interventions et de planification des investissements. L’objectif est de mener les opérations de rénovation tout en maintenant l’ouverture au public des différents sites de l’établissement, qui ont accueilli plus de 1,9 million de visiteurs en 2025.




