La pression est montée d’un cran concernant la décision pour le moins controversée de la Biennale de Venise d’inclure le pavillon russe dans la 61e Exposition internationale d’art, qui doit ouvrir ses portes au public le 9 mai.
Dans une lettre envoyée le 10 avril à Pietrangelo Buttafuoco, son président, l’Agence exécutive « Éducation et culture » de la Commission européenne, organe indépendant de l'UE chargé de faire respecter le droit communautaire, l’accuse d’avoir violé les sanctions de l'UE contre la Russie, rapporte le quotidien italien La Repubblica, qui a pu consulter la lettre.
Les organisateurs de l’exposition ont jusqu’au 11 mai pour « répondre à ces allégations » et « nous informer de toute mesure corrective que vous comptez adopter », stipule le texte, qui demande à la Biennale de « blanchir son image », sous peine de perdre une subvention de 2 millions d’euros prévue pour l’édition 2028.
Cette menace de « suspendre ou supprimer » les fonds européens attribués à la Biennale avait précédemment été brandie par la Commission européenne. La lettre lui donnant un délai de 30 jours pour « se disculper » fait figure d’ultimatum. « À notre avis, le fait que, dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, la Biennale ait accepté la participation d’artistes russes en tant que “délégation gouvernementale” (dont la participation est entièrement financée et soutenue par le gouvernement russe) via un pavillon national laisse entendre que la Biennale semble avoir accepté un soutien indirect du gouvernement russe en échange de l’octroi d’une tribune culturelle », dénonce la Commission européenne. Cette dernière a également demandé au ministère italien des Affaires étrangères de clarifier sa position sur la participation de la Russie, dont « le pavillon pourrait servir de tribune à des messages soutenus » par le pays.
Matteo Salvini, vice-premier ministre de Giorgia Meloni, a qualifié la menace de la Commission européenne de retenir des fonds de « chantage vulgaire qui serait le fait de la bureaucratie européenne ».




