Le Mensuel
Newsletter
Abonnements
Le Mensuel
Newsletter
Art Brussels 2026
L'éditorial de la semaine
L'actualité des galeries
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Politique culturelle
Art Brussels 2026
L'éditorial de la semaine
L'actualité des galeries
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Politique culturelle
Biennale de Venise
Actualité

L’Union européenne, opposée à la participation de la Russie, suspend son financement à la Biennale de Venise

Après avoir brandi cette menace, Kaja Kallas, la responsable de la politique étrangère de l’UE, a confirmé que les fonds seraient bel et bien suspendus à la suite de la décision de la Biennale d’accepter le retour des artistes russes à l’édition 2026.

Stéphane Renault
23 avril 2026
Partagez
La pavillon de la Russie dans les Giardini à Venise. D.R.

La pavillon de la Russie dans les Giardini à Venise. D.R.

La semaine dernière, la Commission européenne (CE) avait accusé la Biennale de Venise d’avoir enfreint les sanctions de l’UE contre la Russie et menacé de suspendre son financement – une subvention de 2 millions d’euros prévue pour 2028 –, à moins que les organisateurs ne reviennent sur leur décision d’inclure ce pays parmi les participants à la 61e Exposition internationale d’art, qui se tiendra du 9 mai au 22 novembre 2026.

Le bras de fer qui oppose depuis des mois la Commission européenne et la Biennale de Venise a franchi un nouveau cap avec la mise à exécution de cette mesure de rétorsion. Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l’UE, a confirmé cette semaine lors d’une conférence de presse que la subvention ne sera pas versée. « Alors que la Russie bombarde des musées, détruit des églises et cherche à effacer la culture ukrainienne, elle ne devrait pas être autorisée à exposer la sienne. Le retour de la Russie à la Biennale de Venise est moralement inacceptable, et l’UE a l’intention de lui retirer son financement », a déclaré l’ancienne Première ministre de l’Estonie.

La Russie n’a pas été autorisée à participer à la Biennale depuis 2022, en raison de l’invasion de l’Ukraine lancée par Vladimir Poutine. Intitulée « The Tree is Rooted in the Sky » (« L’arbre a ses racines dans le ciel »), l’exposition proposée pour le pavillon russe dans les Giardini doit rassembler 38 artistes venus de Russie, mais aussi d’Argentine, du Brésil, du Mali et du Mexique, avec des performances axées sur le son et la musique expérimentale. « Le projet sera consacré aux zones et aux pratiques périphériques », ont déclaré ses organisateurs dans un communiqué.

La commissaire choisie pour le pavillon de la Russie, Anastasia Karneeva, est la fille d’un ancien général du FSB et a fondé la société Smart Art avec Ekaterina Vinokourova, elle-même fille de Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères.

La Lettonie et la Finlande ont fait savoir qu’elles n’enverraient aucun représentant gouvernemental si la Russie était présente. « Les responsables politiques finlandais ne participeront pas à la Biennale de Venise si la Russie figure parmi les exposants. Nous estimons toutefois qu’il est important de promouvoir l’art et l’expression culturelle finlandais, ainsi que de soutenir les artistes et les acteurs. C’est pourquoi la Finlande enverra des représentants officiels à la Biennale », a déclaré Mari-Leena Talvitie, ministre finlandaise des Sciences et de la Culture, dans un communiqué daté du 16 avril.

Au total, vingt-deux ministres européens de la Culture et des Affaires étrangères ont signé une lettre commune appelant le président de la Biennale, Pietrangelo Buttafuoco, ainsi que son conseil d’administration, à reconsidérer la participation de la Fédération de Russie.

« Face aux communications et aux demandes de participation des pays, la Biennale de Venise exclut toute forme de fermeture ou de censure de la culture et de l’art », ont réaffirmé précédemment les organisateurs. Avant de préciser : « La Biennale, tout comme la ville de Venise, reste un lieu de dialogue, d’ouverture et de liberté artistique, favorisant le rapprochement entre les peuples et les cultures et appelant sans cesse à la fin des conflits et des souffrances. »

Si le gouvernement russe, par l’intermédiaire de ses artistes et conservateurs, « se livrait à de la propagande, nous serions les premiers à fermer le pavillon », a promis pour sa part Luigi Brugnaro, le maire de Venise, classé au centre-droit.

Biennale de VeniseRussieInvasion de l’Ukraine par la RussieUnion EuropéenneArt Contemporain
Partagez
Abonnez-vous à la Newsletter
Informations
À propos du groupe The Art Newspaper
Contacts
Politique de confidentialité
Publications affiliées
Cookies
Publicité
Suivez-nous
Instagram
Bluesky
LinkedIn
Facebook
X
Ce contenu est soumis à droit d'auteurs et copyrights

À lire également

Biennale de VeniseActualité
12 mars 2026

L’UE menace de retirer son financement à la Biennale de Venise après le retour du pavillon russe

Cette décision intervient après que la participation de la Russie a suscité un tollé parmi les gouvernements européens et les professionnels du monde de l’art.

Sophia Kishkovsky
Biennale de VeniseActualité
2 avril 2026

Une nouvelle lettre ouverte demande l’exclusion d’Israël, de la Russie et des États-Unis de la Biennale de Venise

Plus de 70 artistes et commissaires dénoncent la participation de « gouvernements qui commettent activement des crimes de guerre, des atrocités et des génocides » à la 61e Exposition internationale d’art.

Stéphane Renault
Biennale de VeniseActualité
29 février 2024

La Biennale de Venise refuse d’exclure Israël

Plus de 19 000 personnes ont signé une lettre ouverte demandant que le pays soit banni de la Biennale d’art 2024. Le ministre italien de la Culture, Gennaro Sangiuliano, ainsi que les organisateurs de la Biennale s’y opposent.

Gareth Harris et Stéphane Renault
Biennale de VeniseActualité
15 avril 2026

Biennale de Venise : la Commission européenne demande la suppression du pavillon russe

Dans une lettre adressée à son président, Pietrangelo Buttafuoco, la Commission européenne accuse la Biennale de Venise d’avoir enfreint les sanctions de l’UE contre la Russie. Un ultimatum lui a été fixé au 11 mai pour revenir sur sa participation, sous peine de perdre une subvention de 2 millions d’euros prévue pour l’édition 2028.

Stéphane Renault