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Antoine de Galbert se sépare de sa collection d'art brut

Piasa met à l’encan à Paris un ensemble de près de 350 œuvres réunies sur plusieurs décennies. Un vaste panorama d’artistes bruts.

Alexandre Crochet
23 septembre 2025
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Luboš Plný, Pavillon no 7, 2016, technique mixte sur papier. © Piasa

Luboš Plný, Pavillon no 7, 2016, technique mixte sur papier. © Piasa

Antoine de Galbert tourne une page. À 70 ans, le fondateur de feu La maison rouge, à Paris, connu pour son esprit défricheur et son peu d’appétence pour les sentiers battus, se sépare de sa collection d’art brut le 24 septembre 2025, chez Piasa, à Paris. L’ensemble de quelque 350 pièces, estimé entre 2 et 2,7 millions d’euros, rassemble des œuvres d’artistes historiques de l’art brut, tels Aloïse, Henry Darger, Scottie Wilson, Louis Soutter, Adolf Wölfli ou Willem van Genk, mais aussi des figures plus confidentielles comme Johann Korec, Luboš Plný ou encore Friedrich Schröder Sonnenstern. « J’ai commencé à en acquérir dans les années 1990, lorsque j’avais une galerie, bien avant la création de La maison rouge en 2004 », précise le collectionneur.

Si, à l’époque, ce marché était loin d’être installé comme maintenant, avec christian berst– art brut admis à Art Basel, « il y avait déjà Bruno Decharme, la donation de l’Aracine au LaM [à Lille], des galeries aux États-Unis ou à Paris, Thomas Le Guillou », se remémore Antoine de Galbert, lequel achetait souvent outre-Atlantique.

« Ce n’est plus une nécessité absolue pour moi de bâtir une collection d’art brut. »

UNE DÉFINITION ASSEZ ÉLASTIQUE

La vente « réunit des œuvres produites du milieu du XIXe siècle à nos jours, issues de nombreux pays et créées dans des contextes asilaires, en marge, ou dans la solitude, mais aussi des productions dites “médiumniques”, ainsi que des objets populaires échappant aux normes traditionnelles », précise la maison Piasa.

D’Aloïse, le pastel double face Fleurir l’Amérique Président Stubborn (1951-1960) est évalué entre 50 000 et 70 000 euros. Un autre double-face, à l’aquarelle et au crayon de Henry Darger, une « star » de l’art brut, est estimé entre 250 000 et 350 000 euros. Prévoyez de 20 000 à 30 000 euros pour un dessin en couleurs de l’étonnant Luboš Plný mis en avant ces dernières années par Christian Berst à Paris et sur les foires. Beaucoup d’œuvres d’artistes moins en vue affichent des estimations bien plus douces.

La vente comprend aussi des créations d’artistes de la Neuve Invention, selon une « expression typiquement suisse créée par Michel Thévoz, premier directeur de La Collection de l’art brut à Lausanne, lancée par Jean Dubuffet, pour désigner certains héritiers ou voisins de l’art brut », rappelle Antoine de Galbert. La définition assez élastique de l’art brut selon Jean Dubuffet impliquait d’être autodidacte, hors norme et loin des voies habituelles de l’art.

Aujourd’hui, Antoine de Galbert semble avoir fait le tour de cette vaste production. « Je vends, car les qualités de ces artistes d’art brut sont la virginité, la liberté, une créativité extraordinaire… Or, au fond, c’est ce que l’on attendrait de tous les artistes… Ce n’est donc plus une nécessité pour moi de bâtir une collection d’art brut. À d’autres de prendre la relève ! »

Très impliqué dans la donation Decharme (près de 1 000 œuvres !) en 2021 au musée national d’Art moderne – actuellement exposée au Grand Palais*1, à Paris –, il regrette « que Bruno Decharme n’ait pas eu une médaille en récompense de ce geste » et y voit « une forme de mépris officiel pour ce genre d’œuvres », alors qu’avant la donation, l’institution en manquait cruellement…

*1 « Art brut. Dans l’intimité d’une collection. La donation Decharme au Centre Pompidou», 20 juin-21 septembre 2025, Grand Palais, Paris.
-
« Art Brut & Cie. Collection Antoine de Galbert », 24 septembre 2025, Piasa, 118, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris.

Marché de l'artVente aux enchèresArt BrutAntoine de GalbertBruno DecharmePiasa
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