L’Indonésien Kusama Affandi chez Jack-Philippe Ruellan
Les peintres venus d’Asie ayant fréquenté de près ou de loin l’École de Paris dans la première moitié du XXe siècle – à l’académie de la Grande Chaumière ou à l’École Beaux-Arts d’Indochine à Hanoï – enchaînent depuis une quinzaine d’années records sur records en ventes aux enchères (en 2024, deux œuvres des artistes chinois Chu Teh-Chun et Zao Wou-Ki ont réalisé 10 millions d’euros chez Artcurial). Les peintres indonésiens n’échappent pas à ce mouvement de redécouverte de l’art moderne extrême-oriental : Jack-Philippe Ruellan, déjà à l’origine du record mondial pour une œuvre du peintre du XIXe siècle Raden Sjarief Bastaman Saleh (7,2 millions d’euros pour La chasse au taureau, de 1855, en 2018), présente une huile sur toile de l’autre monument de l’art moderne et contemporain indonésien, Kusama Affandi (Merapi Volcano, 1980, est. 60 000 à 80 000 euros). L’artiste, autodidacte, tutoie lui aussi les sommets sur les places de Hong Kong ou de Singapour. Connu pour ses œuvres expressionnistes, il réalise généralement celles-ci en appliquant directement la peinture avec les mains sur la toile.
« Tableaux, mobilier et objets d’art, arts décoratifs du XXe, design », jeudi 26 février 2026, Jack-Philippe Ruellan, Galerie des Orfèvres, 23, place Dauphine, 75001 Paris, www.svvruellan.com

Lê Phổ, La lecture. Huile sur toile, signée en bas à droite. Courtesy Aguttes
Sanyu, Lê Phổ, Vũ Cao Đàm et Mai Trung Thứ chez Aguttes
La maison Aguttes est l’une des références françaises, avec Millon et Lynda Trouvé, pour ventes spécialisées dans ce que l’on nomme parfois « l’École asiatique de Paris ». Cette école n’en est d’ailleurs pas vraiment une, tant les parcours des artistes concernés sont différents. Le département « Peintres d’Asie », dirigé par Charlotte Aguttes-Reynier, présente dans sa vacation les trois figures incontournables de l’École des beaux-arts d’Indochine à Hanoï : Lê Phổ (La lecture, huile sur toile, est. 450 000-650 000 euros) ; Mai Trung Thứ (Jeune femme lisant, encre et couleurs sur soie, est. 300 000 à 500 000 euros) et Vũ Cao Đàm (Fleurs de pavot, encre et couleurs sur soie, est. 70 000-100 000 euros). L’amateur ou le collectionneur pourra aussi enchérir sur des œuvres de peintres français amoureux de la culture vietnamienne, dont le fondateur de cette même école, Victor Tardieu (Portrait d’une élégante, huile sur toile, est. 30 000-50 000 euros), ou Alix Aymé (Maternité, laque à rehauts d’or et d’argent, est. 20 000-30 000 euros). À noter également quatre dessins de l’artiste chinois Sanyu, estimés 8 000-12 000 euros et 15 000-25 000 euros.
« Peintres d’Asie : Chine et Vietnam », jeudi 26 février 2026, Aguttes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine, www.aguttes.com

Yannis Gaitis, Sans titre [3 profils], 1971, assemblage découpé en bois peint. Courtesy de Baecque et associés
Le fonds de la galerie Le Lutrin chez De Baecque et Associés
Le 19 octobre 2025, la maison De Baecque et Associés dispersait la bibliothèque de l’une des plus célèbres galeries lyonnaises, Le Lutrin, fondée il y a plus de soixante ans par Paul Gauzit. Lundi 2 mars 2026, 250 œuvres issues du fonds de la galerie seront placées sous le feu des enchères. Galeriste passionné, celui qui fut le mentor du célèbre collectionneur Antoine de Galbert partage avec lui le goût pour les différences. Le fondateur de la Maison rouge (2004-2018) lui a d’ailleurs consacré un film réalisé en 2009 avec Thierry Spitzer, Paul Gauzit, le passeur de la place Gailleton (Arkadin Productions / Antoine de Galbert, 2009). Paul Gauzit est, avec Jacques Verrière, Noël Grange, Janine Bressy (galerie L’Œil Ecoute) ou Nicole Fourrier, l’un des pionniers de l’art contemporain à Lyon. Il déclarait lors d’un entretien diffusé par FR3 Rhône-Alpes en 1973 : « Faire des expositions, c’est pour moi un acte d’amour. Je me suis laissé mener par mes goûts personnels, j’ai toujours exposé les peintres que j’aimais. Il y a une espèce d’acte de foi face à l’œuvre d’art ». Parmi ces coups de cœur : Yannis Gaïtis, Sans titre [3 profils], 1971 (est. 2 000 à 3 000 euros) ; Ahmed Cherkaoui (Sans titre, 1962, est. 2 000 à 3 000 euros) ; ou encore Eugène Leroy (Nu en buste, est. 1 500 à 2 000 euros).
« Tableaux modernes et contemporains : fonds de la galerie Le Lutrin à Lyon - Paul Gauzit », mardi 2 mars 2026, De Baecque et Associés, 70, rue Vendôme, 69006 Lyon, www.debaecque.fr




