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Le multiple, un art pour tous

Grâce à l’édition limitée d’une de ses œuvres, un artiste peut soutenir une cause, mais aussi rendre son travail accessible au plus grand nombre.

Béatrice Gross
22 février 2023
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Nan Goldin, Nan as a Punk, London, 1978, impression numérique pigmentaire. 

© Nan Goldin. Courtesy de Marian Goodman Gallery

Nan Goldin, Nan as a Punk, London, 1978, impression numérique pigmentaire.

© Nan Goldin. Courtesy de Marian Goodman Gallery

Alors que le film documentaire de Laura Poitras All the Beauty and the Bloodshed (Toute la beauté et le sang versé, 2022), consacré à la vie tumultueuse de l’artiste et activiste Nan Goldin, sortira en salle en France le 15 mars 2023, la lutte contre l’épidémie d’addiction aux opioïdes, en particulier aux États-Unis, continue. Depuis 2018, le militantisme de Goldin et de PAIN (Prescription Addiction Intervention Now), l’association qu’elle a fondée, a ouvert la voie aux poursuites judiciaires contre les entreprises pharmaceutiques et les distributeurs, ainsi qu’au retrait du nom de la famille Sackler, jusque-là grande mécène et philanthrope, de la plupart des institutions et espaces artistiques auxquels elle était liée. Chaque année, à travers l’édition de multiples, l’artiste, elle-même victime des effets dévastateurs de l’Oxycontin, puissant antalgique, poursuit ses initiatives de levée de fonds en soutien à diverses associations. Le cliché 1st Days in Quarantine, Brooklyn, NY, 2020 – dont, incidemment, un tirage photographique venait clore le parcours de l’exposition «Les choses. Une histoire de la nature morte» au musée du Louvre, à Paris (2022) – a fait l’objet d’une édition à 150 exemplaires au profit d’Urban Survivors Union. Cette année, Nan as a Punk, London (1978) est tirée à 500 exemplaires au bénéfice d’OnPoint NYC*.

LA VOGUE DES MULTIPLES

Souvent adopté à des fins caritatives, le multiple est un médium à part entière qui permet une diffusion plus démocratique de l’œuvre d’art. De nombreux précédents historiques témoignent de ce souhait d’artistes de voir leur production se faire concrètement plus accessible. Ainsi en était-il du Bauhaus et de son utopie d’arts sans hiérarchie et pour tous avec notamment l’ambitieuse série de portfolios Neue Europäische Graphik parus entre 1921 et 1924; des lithogravures et céramiques de la galerie new-yorkaise Associated American Artists de 1934 à 2000; ou encore des estampes originales publiées au sein des Suites Prisunic de 1967 à 2008.

Si les galeries commerciales, spécialisées ou non, sont le lieu privilégié de la vente de multiples, les musées et centres d’art ne sont pas en reste dans cette pratique qui connaît un regain.

Si les galeries commerciales, spécialisées ou non, sont le lieu privilégié de la vente de multiples, les musées et centres d’art ne sont pas en reste dans cette pratique qui connaît un regain. Le Centre Pompidou-Metz a ainsi lancé en 2020 une collection d’éditions limitées produites pour l’institution et distribuées en exclusivité dans sa librairie*. Après Fleuve (2019) de Giuseppe Penone et Petite Danse matinale (2021) d’Annette Messager paraît cette année, en conjonction avec leur exposition intitulée «Bonne Chance » (10 juin 2023-1er avril 2024), une création du duo Elmgreen & Dragset. À partir du 14 février 2023, date de l’ouverture de l’exposition «Thomas Demand. Le bégaiement de l’histoire» (jusqu’au 28 mai 2023), le Jeu de Paume, à Paris, propose quant à lui, une édition limitée à trente exemplaires de l’œuvre Refuge II (2021) de Thomas Demand… qui sera sans doute épuisée en bien moins de temps que ne passa le lanceur d’alerte Edward Snowden dans cette chambre de la zone de transit de l’aéroport de Moscou en 2013 (cinq semaines).

* shopmariangoodman.com/products/nan-goldin.

* centrepompidou-metz.fr.

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