Les noms des quatre artistes en compétition pour le Prix Marcel Duchamp 2026 ont été dévoilés jeudi 8 janvier 2026 au soir chez Artcurial à Paris. Ils ont été sélectionnés par un comité composé de collectionneurs de l’Adiaf, l’Association pour la diffusion internationale de l’art français, organisatrice du prix, présidée par Claude Bonnin. Ils sont en réalité cinq cette année : Joël Andrianomearisoa, né en 1977 et représenté par la galerie Almine Rech (Paris) et Sabrina Amrani (Madrid) ; un duo, David Brognon et Stéphanie Rollin, respectivement nés en 1978 et 1980, représentés par mfc-michèle didier (Paris) ; Laura Henno, née en 1976 et représentée par la galerie Nathalie Obadia (Paris et Bruxelles) ; et enfin Josèfa Ntjam, née en 1992 et représentée par Nicoletti Contemporary à Londres. Ils succèdent à Bianca Bondi, Xie Lei (lauréat 2025), Eva Nielsen et Lionel Sabatté, qui étaient en lice l’an dernier, et que The Art Newspaper France exposera, en collaboration avec l’Adiaf, sur la Foire Art Genève du 29 janvier au 1er février 2026.
Parmi ces artistes dont plus de la moitié sont nés dans les années 1970, Joël Andrianomearisoa est sans doute l’un des plus inclassables. Sa pratique embrasse en effet de multiples domaines, tels l’artisanat, l’architecture, l’écriture, la poésie, le textile, à travers des installations spectaculaires ou des créations plus intimistes. D’origine malgache, il a vu sa carrière s’accélérer ces dernières années, ses œuvres ayant été acquises par de nombreuses institutions, du Zeitz MOCAA (Le Cap) au Metropolitan Museum of Art de New York.
Le tandem David Brognon et Stéphanie Rollin est connu sous le nom de Brognon & Rollin. Ces derniers ont notamment exposé au MAC/VAL de Vitry-sur-Seine en 2020, leur première exposition monographique en institution. Tous deux « manipulent un matériau sociétal brut, souvent marginal, dont les motifs récurrents sont l’enfermement, l’attente et le contrôle », résume leur galerie, mfc-michèle didier.
Laura Henno, elle, a étudié la photographie à l’ENSAV de La Cambre, à Bruxelles, en Belgique. En 2007, elle a été lauréate du Prix Découverte des Rencontres internationales de la photographie d’Arles. Son travail a fait l’objet d’expositions monographiques, du Palais de Tokyo à Paris en 2022 au FRAC Auvergne à Clermont-Ferrand en 2024.
Enfin, Josèfa Ntjam associe dans son travail sculpture, photomontage, performance, film et écriture. « Glanant la matière première de ses œuvres »sur Internet et « dans les livres de sciences naturelles », l’artiste « utilise le collage – d’images, de mots, de sons et d’histoire(s) – comme mode opératoire d’une praxis visant à déconstruire les grands récits à l’origine de discours hégémoniques sur les notions d’origines, d’identité et d’Histoires », explique le Palais de Tokyo.
Le ou la lauréat(e) de l’édition 2026 – qui se verra remettre une dotation de 35 000 euros – sera annoncé au musée d’Art moderne de Paris le jeudi 22 octobre 2026, durant la semaine de l’art dans la capitale française. En raison des travaux en cours au Centre Pompidou, partenaire historique du prix, c’est en effet cette institution qui exposera du 2 octobre 2026 au 14 février 2027, au sein de ses collections, les œuvres des quatre artistes nommés au prix. Le jury du Prix Marcel Duchamp 2026 sera présidé par Xavier Rey, directeur du musée national d’Art moderne - Centre Pompidou, à Paris ; et composé de Claude Bonnin, collectionneur et président de l’Adiaf ; Akemi Shiraha, représentante de l’Association Marcel Duchamp ; Fabrice Hergott, directeur du musée d’Art moderne de Paris ; Fernando Arriola, collectionneur (Espagne) ; les artistes Kader Attia et Berlinde De Bruyckere ; Karin Hindsbo, directrice de la Tate Modern à Londres ; Christophe Leribault, président du château de Versailles ; et enfin Marie-Cécile Zinsou, collectionneuse franco-béninoise.




