Une immense mosaïque mise au jour à Rome, considérée comme la plus grande mosaïque murale jamais découverte dans le monde romain, est pour la première fois accessible au public. Elle avait été découverte, avec une fresque, lors de fouilles menées dans les années 1990 dans une galerie souterraine située sous les thermes de Trajan, vaste complexe impérial comprenant notamment des bibliothèques et des bassins.
Connues sous les noms de « Ville peinte » pour la fresque et de « Muse et Philosophe » pour la mosaïque, les deux œuvres sont désormais accessibles au public le week-end, dans un premier temps par groupes de 15 personnes. Les premiers visiteurs ont pu découvrir le site les 12 et 13 septembre 2026. À partir du 2 octobre, les visites seront organisées du vendredi au dimanche, a annoncé le maire de Rome, Roberto Gualtieri, sur Instagram.
« Nous estimons qu’il s’agit de la plus grande mosaïque murale jamais découverte dans le monde romain et nous poursuivons encore les fouilles pour déterminer jusqu’où elle s’étend », a déclaré l’archéologue Francesco Pacetti lors de la présentation du site au début du mois. La fresque et la mosaïque dateraient toutes deux du Ier siècle.
La fresque représente, vue d’en haut, une ville portuaire fortifiée avec ses murailles et ses tours défensives. Haute de 10 mètres et se déployant sur 16 mètres de longueur, la mosaïque orne un mur souterrain sous la colline de l’Oppius, à proximité du Colisée. Elle représente des personnages et des éléments architecturaux répartis sur quatre niveaux.
« C’est une fresque extraordinaire, une véritable ville vue d’en haut, avec ses murailles, ses tours et ses bâtiments représentés en perspective, a écrit Roberto Gualtieri sur Instagram. Il est encore plus incroyable de penser qu’elle a été réalisée il y a près de deux mille ans, à l’époque néronienne [54-68 apr. J.-C.] ou flavienne [69-96 apr. J.-C.], avant même les thermes de Trajan [inaugurés en 109 apr. J.-C.]. »
« Il y a un autre chef-d’œuvre : la mosaïque de la "Muse et du Philosophe", poursuit le maire. Elle faisait partie du décor d’une vaste salle donnant sur le nymphée. Sur les murs, les mosaïques représentent une imposante scène théâtrale, peuplée de statues et de personnages grandeur nature… Rome continue de nous surprendre. Chaque fouille ajoute une nouvelle pièce à l’histoire extraordinaire de notre ville. »
Un musée consacré aux thermes de Trajan a par ailleurs ouvert sur le site au début du mois. La restauration de ce nouvel ensemble muséal a été menée dans le cadre du programme Caput Mundi, un investissement de 500 millions d’euros financé par le plan de relance italien (PNRR) et l’Union européenne pour rénover et valoriser le patrimoine culturel et touristique de Rome.




