Il y a 50 ans naissait un projet révolutionnaire par sa forme et son ambition : créer un laboratoire vivant de la création, où dialogueraient les arts visuels, le spectacle vivant, le cinéma, le design, l’architecture, la musique contemporaine (l’Ircam), la pensée et la connaissance (la Bibliothèque publique d’information). Un lieu ouvert à tous et sur la ville, de recherche et de partage des savoirs. Cette utopie culturelle, en rupture avec la conception habituelle d’un musée, s’est incarnée dans le bâtiment imaginé par un trio de jeunes architectes tout aussi visionnaires : Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini. Alors que son écrin historique, devenu un manifeste, est actuellement fermé pour rénovation, le Centre Pompidou ne s’en apprête pas moins à célébrer comme il se doit cet anniversaire.
« À 50 ans, on regarde son histoire pour mieux inventer l’avenir, déclare Laurent Le Bon, président du Centre Pompidou. Un demi-siècle après sa création, l’esprit Beaubourg demeure profondément contemporain. En 2027, nous fêtons ce que nous sommes, mais surtout ce que le Centre Pompidou sera demain : une institution toujours plus accueillante, plus inventive. Un Centre Pompidou qui continuera d’imaginer de nouvelles façons de créer et de transmettre, toujours plus à l’écoute de la jeunesse et attentif aux enjeux de son temps. »
De multiples rendez-vous sont ainsi prévus tout au long de l’année prochaine, à Paris, en région et à l’international, avec près de 70 partenaires. D’ores et déjà, l’institution a annoncé le début des festivités avec « Beaubourg, mon amour », les 29 et 30 janvier, à la Philharmonie de Paris, dont les espaces seront « le théâtre d’une exploration audacieuse des liens entre arts visuels et univers sonores ». Au Grand Palais, l’exposition « Marcel Duchamp. Portrait possible », du 23 mars au 1er août, fera écho à l’exposition inaugurale de 1977 consacrée à cet artiste majeur de la modernité. Le nouveau Centre Pompidou Francilien – fabrique de l’art à Massy, dans l’Essonne, sera quant à lui officiellement inauguré en mars avec l’exposition « 150 000 », dont le titre fait référence au nombre d’œuvres présentes dans la collection du musée national d’Art moderne.
Dans le cadre de son programme Constellation, le Centre Pompidou déploiera sa collection au sein de trois institutions parisiennes. En janvier, « Le Sentiment du monde » fera dialoguer au musée du quai Branly – Jacques Chirac art contemporain et œuvres patrimoniales. En février, seront présentées « Chefs-d’œuvre en résonance » à la Cité de l’architecture et du patrimoine, ainsi que « L’Objet » au musée du Louvre.
Autres temps forts de cet anniversaire, le Centre Pompidou-Metz proposera en 2027 « Tout sauf mon secret. Hélène Delprat et la collection du Centre Pompidou », première exposition d’envergure consacrée à l’artiste dans un musée hexagonal ; « 18:48. Julien Creuzet et la collection du Centre Pompidou » ; « Livres d’artistes – Topographie d’une collection », retraçant l’usage du livre par les artistes, de la fin du XIXe siècle à nos jours, en puisant dans les collections d’imprimés de la Bibliothèque Kandinsky.
Par ailleurs, le Centre Pompidou célébrera la pluridisciplinarité, au cœur de son projet depuis l’origine, notamment avec « Chaillot expérience x Pompidou », sa participation à la Biennale de la danse de Lyon ou au Nouveau printemps à Toulouse. Le cinéaste Kleber Mendonça Filho se verra consacrer une rétrospective au mk2 Bibliothèque x Centre Pompidou et présentera une programmation esquissant une histoire alternative du cinéma brésilien.
Tout au long de l’année, ce programme anniversaire rayonnera aussi à Arles, Bordeaux, Clamart, Deauville, Lyon, Toulon, Malaga, Shanghai, Bruxelles ou encore Séoul. Enfin, les célébrations du cinquantenaire de Beaubourg s’achèveront à l’automne 2027 avec la première édition de la Quinquennale, organisée par le Palais de Tokyo en partenariat avec le Centre Pompidou et le Centre national des arts plastiques (CNAP).




