C’est un pas de plus dans la dynamique internationale du Centre Pompidou. Alors que l’établissement culturel déploie, durant la fermeture de son bâtiment iconique pour rénovation, son programme « Constellation » en France et à l’étranger, une nouvelle antenne sera inaugurée le 4 juin prochain à Séoul. Le président de la République Emmanuel Macron, accompagné de Catherine Pégard, ministre de la Culture, et de Laurent Le Bon, président du Centre Pompidou, a visité le site le 3 avril.
Avec cette institution consacrée à l’art moderne et contemporain au cœur de la capitale coréenne, « c’est la vision internationale du Centre Pompidou qui se consolide, ainsi que son engagement à renforcer les liens avec les publics et les scènes artistiques locales », se félicite Beaubourg. Le Centre Pompidou Hanwha est le fruit de la coopération avec la Hanwha Foundation of Culture.
L’espace d’exposition, dont l’aménagement a été confié à l’agence Wilmotte & Associés, est hébergé dans la Tour 63, située à Yeouido, le quartier financier de la ville. Y seront présentées huit expositions monographiques et thématiques – à raison de deux par an pendant cinq ans – à partir des collections du musée national d’Art moderne. Déployées sur près de 1 500 m2, dans un espace entièrement dédié au Centre Pompidou, elles seront consacrées aux artistes et mouvements du XXe siècle. Parallèlement, des expositions d’art contemporain mettront en lumière des artistes coréens et relieront les grands récits de l’histoire de l’art au contexte culturel du pays.
« Cette programmation fera dialoguer les grands courants de l’histoire de l’art avec la création contemporaine et proposera des actions culturelles et éducatives destinées aux publics coréens, en complément d’un espace éducatif où les jeunes visiteur·euse·s pourront explorer et interagir avec les œuvres d’art », explique le musée. Le commissariat de chaque exposition sera conduit conjointement par des équipes coréennes et françaises, avec pour objectif de favoriser les échanges artistiques entre les deux pays et la scène artistique internationale.
L’exposition inaugurale, « The Cubists : Inventing Modern Vision » (« Les Cubistes : inventer la vision moderne ») présentera des pièces de la collection du Centre Pompidou au sein des deux galeries principales du musée, soit plus de 3 000 m² d’espace d’exposition. Elle réunira des œuvres de Pablo Picasso, Georges Braque, Juan Gris, Fernand Léger, ainsi que Sonia et Robert Delaunay, aux côtés d’artistes moins connus du public coréen, tels qu’Albert Gleizes, Amédée Ozenfant et Natalia Gontcharova. Suivant un parcours chronologique en huit sections, elle rassemblera près de 90 peintures et sculptures réalisées par plus de 40 artistes, dont de nombreuses œuvres majeures jamais présentées auparavant en Corée. Une section spéciale intitulée « KOREA FOCUS » s’intéressera à la place de Paris dans la formation de l’art moderne coréen au début du XXe siècle.
La saison 2026-2027 sera notamment consacrée à Marc Chagall, Vassily Kandinsky, ainsi qu’à Henri Matisse et au fauvisme. Les années suivantes mettront l’accent sur le surréalisme et l’art abstrait et accorderont une place particulière aux femmes artistes. Le Centre Pompidou Hanwha présentera également la première grande rétrospective consacrée à Constantin Brancusi en Corée.
« Un musée ne se résume pas au bâtiment qui l’abrite ; il incarne un esprit, un ensemble de valeurs et de savoir-faire qui peuvent être partagés dans le monde entier, a déclaré Laurent Le Bon, président du Centre Pompidou. Cette dimension internationale est essentielle à l’identité du Centre Pompidou, et l’ouverture du Centre Pompidou Hanwha constitue à la fois une étape importante de notre histoire et une opportunité sans précédent d’échanges avec de nouveaux publics et avec la scène culturelle coréenne, particulièrement prolifique. »
« Le Centre Pompidou Hanwha sera un musée ouvert où l’art, la technologie et l’avenir convergent, offrant une nouvelle manière de rencontrer l’art moderne et contemporain de classe mondiale au cœur du quotidien à Séoul », s’est réjoui quant à lui Sungsoo Lee, président de la Hanwha Foundation of Culture.




