L’exposition « Comme Saturne » d’Yto Barrada pour le Pavillon français à l’Exposition Internationale d’art – La Biennale di Venezia, mis en œuvre par l’Institut français, opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de la Culture, a été officiellement inauguré dans les Giardini ce 7 mai. Sont intervenues à cette occasion Eva Nguyen Binh, présidente de l'Institut français, Anne-Marie Descôtes, ambassadrice de France en Italie ainsi que Myriam Ben Salah, la commissaire du Pavillon français cette année, accompagnée de l’artiste.
Après avoir salué les représentants des institutions artistiques en France et à l'international, mais aussi des galeries, les artistes, les commissaires, les critiques d'art, les journalistes, Christopher Miles, directeur général de la création artistique au ministère de la Culture, a déclaré : « J'ai l'honneur de m'exprimer aujourd'hui devant vous au nom de la ministre de la Culture française, madame Catherine Pégard, qui ne peut pas être avec nous et qui le regrette profondément, car elle défend aujourd'hui auprès du Sénat le projet de loi sur les restitutions d'œuvres d'art, un autre sujet important qui nous occupe tous ». L’occasion de « remercier très sincèrement toutes les équipes du comité artistique qui ont choisi ce projet et cet artiste, l'Institut français qui depuis plus de deux ans avec toutes ses équipes s'est pleinement investi pour donner vie à cette œuvre avec l'artiste et sa commissaire, ainsi que la délégation arts visuels, tous les mécènes, collectionneurs et galeristes, partenaires presse qui ont permis cette aventure ».
Au moment de dévoiler le projet achevé de l'artiste que la France a choisi pour la représenter, le représentant du ministère a salué « une proposition qui suscite des comparaisons, des débats ». « Je crois en effet qu'il n'y a rien de mieux qu'un tel débat soit encore possible par les temps qui courent. C'est bien là ce qu'on appelle encore la démocratie », a-t-il ajouté.
« Dans ce théâtre à ciel ouvert qu'est Venise, dans ce théâtre dans le théâtre qu'est la Biennale, par les mots inscrits sur les murs, par les filiations que vous revendiquez, celles de l'Oulipo comme celles de vos sœurs en art, vous nous offrez un moment unique de méditation qui peut changer chacun ou chacune d'entre nous si nous prenons le temps, si nous en avons le courage pour aller au-delà et bien plus encore en nous-mêmes. Cela seul l'art le peut et de cela nous vous remercions », a exprimé Christopher Miles à Yto Barrada.

Myriam Ben Salah et Yto Barrada lors de l'inauguration du Pavillon français. Photo : Stéphane Renault
« Il me reste quelques instants pour vous convier à un voyage et vous faire une annonce importante, a-t-il poursuivi. Un voyage, peut-être de Venise à Lyon, pour passer des accords mineurs et d'un rêve à l'autre vers notre grande Biennale française qui ouvrira ses portes en septembre sous la direction et la curation d'Isabelle Bertolotti et de Catherine Nichols que je félicite ici pour sa récente nomination à la codirection de Manifesta. Et une annonce importante, je dois dire presque extraordinaire, une nouvelle aventure pour célébrer la force, la beauté, la valeur de notre scène artistique contemporaine. »
« Ainsi donc, au nom de madame Catherine Pégard, je vous annonce la première Quinquennale de la scène française, a dévoilé Christopher Miles. Elle réunira le Centre national des arts plastiques (Cnap), le Centre Georges Pompidou, le Palais de Tokyo, à Paris, dans le Grand Paris, mais aussi dans toute la France grâce à un appel d'offres du Centre national des arts plastiques à nos centres d'art et à nos Fracs dans une vingtaine de lieux étonnants pour montrer nos artistes autrement avec une équipe curatoriale de choc autour de Guillaume Désanges, Hugo Vitrani, Xavier Rey, Martin Bethenod, Laurent Le Bon et de tous les curateurs associés qui seront aussi de grandes figures internationales. » Près d'une centaine d'artistes, dont 60% de la scène française, seront mis à l’honneur, d'octobre 2027 au début de l'année 2028.
« Nous espérons beaucoup de partenariats, la collaboration de nos collectivités territoriales, la Ville de Paris, le Grand Paris, la région... Ce sera un moment de célébration et d'affirmation de la force et de la puissance d’évocation de nos artistes. Ce sera aussi le moment de réunir autour de nous des mécènes engagés pour soutenir nos artistes, a-t-il conclu. Vous le voyez donc, avec Yto, avec la Biennale de Lyon, avec la Quinquennale, avec l'Institut français et tout le réseau culturel à l'étranger, nous ne manquons pas d'ambition pour la scène française. Nous la portons, nous la revendiquons avec notre foi en l'art, qui est celle de notre République, qui est aussi une République de la culture et des artistes. Avec cette passion pour la beauté qui dévore chacun et chacune d'entre nous. »
Dès ce soir, une première préfiguration de cet événement majeur se déroule à la Bocciofila San Sebastiano, dans le quartier vénitien du Dorsoduro, de 18h à 20h, avec Michel Blazy, Promesses, Frieda Schumann, Bettina Blanc Penther et Jean-Luc Blanc.




