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« Nous sommes unis » : Charles III et Emmanuel Macron ont visité en avant-première l’exposition de la Tapisserie de Bayeux à Londres

Probablement commandée en France mais réalisée en Angleterre, la tapisserie aurait tout aussi bien pu être baptisée « Broderie de Canterbury », a plaisanté le roi dans son discours.

Gareth Harris
4 septembre 2026
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Le roi d'Angleterre Charles III et le président français Emmanuel Macron au vernissage de la présentation de la Tapisserie de Bayeux au British Museum, à Londres. Photo: Adrian Dennis/Pool via REUTERS

Le roi d'Angleterre Charles III et le président français Emmanuel Macron au vernissage de la présentation de la Tapisserie de Bayeux au British Museum, à Londres. Photo: Adrian Dennis/Pool via REUTERS

La diplomatie culturelle était à l’honneur le 2 septembre au British Museum, où le roi Charles III et le président français Emmanuel Macron sont venus voir la Tapisserie de Bayeux, à quelques jours de l’accueil très attendu du public. Dans un discours, le souverain a présenté l’exposition londonienne comme la preuve que « nous sommes unis » et « un rappel de ce que nos pays peuvent accomplir lorsqu’ils unissent leurs forces ».

« Son récit n’est pas seulement anglais, ni uniquement normand, a-t-il poursuivi. Dès sa création, elle a même pu réunir nos deux peuples : commandée en Normandie, elle a très probablement été brodée à Canterbury par des artisans anglais. La Tapisserie de Bayeux – ou la Broderie de Canterbury, comme elle aurait tout aussi bien pu s’appeler – raconte un conflit. Et pourtant, près de mille ans plus tard, elle est aujourd’hui un précieux symbole de confiance, à une époque où celle-ci semble malheureusement faire cruellement défaut entre les nations. »

Le roi a également plaisanté sur les conditions de transport de la tapisserie, acheminée en juillet par camion via le tunnel sous la Manche, au terme d’un trajet de quelque 560 kilomètres qui aurait duré onze heures, selon The Telegraph. « Elle est très bien assurée », a-t-il lancé à Emmanuel Macron.

De son côté, le président français a reconnu dans son discours que les négociations autour du prêt avaient « demandé un peu de patience », avant d’ajouter : « Puisque la première demande britannique remonte à 1931, je choisis de considérer que huit ans constituent une sorte de record de vitesse. » Emmanuel Macron avait annoncé pour la première fois la possibilité de ce prêt en 2018, lors d’un sommet franco-britannique à Sandhurst avec Theresa May, alors Première ministre.

George Osborne, président du conseil d’administration du British Museum, a souligné que les négociations s’étaient poursuivies sous trois Premiers ministres britanniques : Theresa May, l’ancien dirigeant travailliste Keir Starmer et l’actuel Premier ministre Andy Burnham. Également présent, ce dernier a plaisanté : « Merci pour ce rappel très élaboré, long de 70 mètres, de la plus grande défaite de la Grande-Bretagne. »

La Tapisserie de Bayeux, qui retrace la conquête normande de l’Angleterre en 1066 et la bataille d’Hastings, sera exposée dans la Sainsbury Exhibitions Gallery du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027, pendant les travaux de rénovation du musée de la Tapisserie de Bayeux.

Michael Lewis, commissaire général de l’exposition, a expliqué dans la newsletter Maxwell Museums que la fermeture du musée français avait finalement rendu ce prêt possible. « Le calendrier de ce prêt tient essentiellement, cette fois-ci, à la fermeture du musée de la Tapisserie de Bayeux [en Normandie], qui a fermé ses portes en septembre 2025 afin d’être agrandi et rénové », a-t-il déclaré.

Le British Museum a par ailleurs emporté la décision face à d’autres institutions candidates, parmi lesquelles le Victoria and Albert Museum. Lorsque le prêt au British Museum a été annoncé l’an dernier, « il était clair qu’aucun autre espace ne pouvait raisonnablement l’accueillir, surtout dans un délai de quatorze mois », a précisé Michael Lewis.

Il a également indiqué travailler avec ses homologues français pour déterminer « quelles analyses scientifiques pourraient être menées sur la Tapisserie lorsqu’elle fera l’objet d’une restauration, d’ici quelques années. Nous savons encore peu de choses sur ses caractéristiques matérielles – notamment sur la provenance de la laine et les techniques utilisées pour sa fabrication –, autant d’éléments que des analyses scientifiques pourraient permettre d’éclairer ».

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Stéphane Renault