Le Mensuel
Newsletter
Abonnements
Le Mensuel
Newsletter
L'actualité des galeries
L'éditorial de la semaine
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Politique culturelle
Livres
L'actualité des galeries
L'éditorial de la semaine
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Politique culturelle
Livres
Editorial
Actualité

Polémique autour du prêt de la Tapisserie de Bayeux

Philippe Régnier
15 septembre 2025
Partagez
Tapisserie de Bayeux, au musée de la Tapisserie de Bayeux. Photo : Philippe Régnier

Tapisserie de Bayeux, au musée de la Tapisserie de Bayeux. Photo : Philippe Régnier

L'éditorial de la semaine

La semaine de l'art vue par le directeur de la rédaction de The Art Newspaper France.

Le Royaume Unis réclamait depuis longtemps de pouvoir l’exposer outre-Manche. Emmanuel Macron a finalement accédé à cette demande en annonçant officiellement, le 8 juillet 2025, le prêt la Tapisserie de Bayeux au British Museum, prévu de septembre 2026 à juin 2027. L’insigne œuvre datant du XIe siècle et longue de 70 mètres n’a pourtant quitté ces derniers siècles que deux fois la Normandie, en 1803 à Paris, selon la volonté de Napoléon Bonaparte, et en 1945, après-guerre, au musée du Louvre. Mais lors de chaque demande, la France avait refusé son transport en Angleterre, notamment en 1953 pour le couronnement de la reine Élisabeth II, ou en 1966, à l’occasion du 900e anniversaire de la bataille d’Hastings. Il faut dire que cette pièce qui a traversé les siècles est particulièrement dégradée. Lors d’une étude de l’œuvre en 2020, des restauratrices ont pu comptabiliser 24 204 taches, 9 646 trous et 30 déchirures. Le textile est extrêmement fragilisé par les années mais aussi par les conditions de présentation avant que la pièce ne puisse, récemment, bénéficier de dispositifs de conservation adaptés. Certains spécialistes craignent qu’une manipulation d’envergure ait des conséquences irrémédiables pour l’œuvre, notamment des déchirures ou des chutes de matières. La dimension exceptionnelle de la tapisserie, 70 mètres, rend son transport encore plus périlleux.

Face à ces dangers, La Tribune de l’art a lancé une pétition intitulée « Non au prêt de la tapisserie de Bayeux » qui a déjà recueilli plus de 72 600 signataires. Le directeur du British Museum, Nicholas Cullinan, s’est voulu rassurant en répondant le 5 septembre dans le Guardian par une lettre dans laquelle il assure que toutes les précautions nécessaires ont été prises afin que cette broderie millénaire soit transportée en toute sécurité. Pour ce faire, la Direction régionale des affaires culturelles Normandie a lancé cet été un appel d’offres intitulé « Prestations d’études complémentaires relatives aux conditions de conservation et au transport de la Tapisserie de Bayeux » à destination des spécialistes, qui ont jusqu’au 22 septembre 2025 pour y répondre. Il est ainsi prévu « plusieurs tests de transport » « dont un transport entre la ville de Bayeux et le British Museum à Londres ». Le texte indique que « le présent marché a pour objet la réalisation d’un voyage à blanc, de tests d’évaluation de solutions antivibratoires et climatiques et d’études complémentaires relative aux conditions de conservation de la Tapisserie de Bayeux, préparatoires au transport de l’œuvre entre son lieu de conservation à Bayeux jusqu’au British Museum à Londres ». Une fois ces essais réalisés, qui témoignent du sérieux de l’opération, l’ensemble des forces en présence devraient disposer de tous les éléments pour confirmer ou non une opération qui reste éminemment politique.

EditorialMusée de la Tapisserie de BayeuxBritish MuseumEmmanuel MacronNormandieRestauration
Partagez
Abonnez-vous à la Newsletter
Informations
À propos du groupe The Art Newspaper
Contacts
Politique de confidentialité
Publications affiliées
Cookies
Publicité
Suivez-nous
Instagram
Bluesky
LinkedIn
Facebook
X
Ce contenu est soumis à droit d'auteurs et copyrights

À lire également

EditorialActualité
18 mars 2024

Olympiade Culturelle : une ampleur inédite pour Paris 2024

Philippe Régnier
EditorialActualité
8 janvier 2024

Un monument de Paris nommé Georges Huisman

Philippe Régnier
EditorialActualité
6 mai 2024

Maître des Horloges et Gardiens du Temps

Philippe Régnier