Le Prix pour la photographie du musée du quai Branly - Jacques Chirac 2026 a distingué deux artistes : le photographe indien Abhishek Rajaram Khedekar est récompensé pour son projet DAPOLI, Lost and Found, tandis que l’artiste, photographe et cinéaste syrienne Sara Kontar est lauréate pour On the Edge of Home.
Le jury a également attribué une mention spéciale à l’artiste soudanais Ammar Yassir pour son projet I Will Never Find Home. Créé en 2022 dans le prolongement du programme de résidences photographiques du musée, ce prix a pour objectif de favoriser la création contemporaine hors de l’Europe.
Doté de 30 000 euros par lauréat, le prix permet de soutenir la production d’une œuvre qui intègre ensuite les collections du musée, en incluant les droits d’auteur. Cette édition a suscité un fort intérêt international, avec 1 000 candidatures issues de 110 nationalités différentes, examinées par un jury réunissant responsables du musée, commissaires d’exposition, critiques et professionnels de la photographie. Depuis 2024, plusieurs des projets récompensés sont également présentés au musée Théodore Monod d’Art africain à Dakar (Sénégal), renforçant la visibilité internationale des artistes distingués.
Né en 1991 à Dapoli, en Inde, Abhishek Rajaram Khedekar développe une pratique mêlant photographie documentaire, collage, sculpture et création sonore. En 2022, il est récompensé par le prix de résidence et de publication Publishing Performance, décerné par Loose Joints et Mahler & LeWitt Studios pour son projet Tamasha. L’année suivante, il publie son premier livre de photographie, également intitulé Tamasha, avant d’être sélectionné parmi les finalistes du Prix Aperture Portfolio en 2024. Avec DAPOLI, Lost and Found, il retourne dans son village natal pour suivre une génération de jeunes issus de familles de pêcheurs confrontés aux mutations économiques et environnementales qui fragilisent leur mode de vie.

Sara Kontar. © Sara Kontar
Sara Kontar, quant à elle, est née en Syrie en 1996 et est installée en France depuis 2016. Sa démarche artistique prend appui sur son expérience de réfugiée pour questionner les notions d’exil, de migration et d’identité. Titulaire d’un diplôme en cinéma d’animation de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris (ENSAD), obtenu en 2023, elle a également été résidente de la Magnum Foundation. Son travail a notamment déjà été présenté au Palais de Tokyo, au Centre Pompidou, tous deux à Paris, ou à la Sharjah Art Foundation (Émirats arabes unis). Son projet On the Edge of Home est né de voyages entrepris depuis 2023 le long des frontières syriennes, au plus près d’un pays auquel elle ne peut plus accéder.




