La ministre de la Culture Rachida Dati, en partance du gouvernement pour briguer la mairie de Paris, a été entendue ce 23 février à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur la sécurité des musées, environ quatre mois après le cambriolage retentissant du Louvre. Cette audition s’est tenue à huis clos, au grand dam du rapporteur principal, Alexis Corbière (ex-LFI) et de plusieurs députés siégeant à la commission des affaires culturelles, notamment Sophie Taillé-Polian, sa vice-présidente écologiste, qui a déclaré : « C’est incompréhensible parce qu’une ministre en exercice doit pouvoir s’expliquer en toute transparence ». Son président, Alexandre Portier (LR), a justifié cette décision de dernière minute pour éviter que cette audition « vire au spectacle ».
À la suite du vol des joyaux de la Couronne, Rachida Dati, dont le ministère assure la tutelle du musée du Louvre, a ordonné une enquête administrative, mettant à jour d’importants manquements en matière de sécurité. Des mesures ont alors été prises d’urgence. La ministre, qui a refusé la démission de Laurence des Cars, sa présidente, a annoncé le 12 décembre 2025 au Sénat la création d’une mission pour « réorganiser en profondeur le musée », nommant à sa tête Philippe Jost, superviseur du chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par un incendie en avril 2019.
Cette mission, qui devait rendre ses conclusions fin février, n’a en réalité jamais commencé ses travaux. « Il n’y a plus de Philippe Jost », a confirmé le rapporteur de la commission, Alexis Corbière. « Cela a été abandonné parce que la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission », a affirmé Alexandre Portier à l’AFP. La gouvernance du musée fait l’objet d’une « réorganisation en cours », a-t-il confié, renvoyant à de prochaines annonces gouvernementales. « Elle a questionné elle-même la tutelle de cet établissement avec l’idée qu’il pourrait y avoir trop d’autonomie », a poursuivi Alexis Corbière, avant d’ajouter : « On a le sentiment qu’il va y avoir des changements mais elle n’est pas allée plus loin ». Selon les deux députés, Rachida Dati a assuré que « 17 mesures » étaient en cours pour réformer le musée le plus visité au monde, sans que les détails soient précisés.
Les « décisions conséquentes » sur le dossier promises par la ministre mi-janvier sont à ce jour restées sans suite. Le mini-remaniement ministériel attendu dans les prochains jours et le départ de Rachida Dati du gouvernement avant les élections municipales laissent, de fait, augurer de l’annonce de « changements », notamment la nomination d’une nouvelle présidence du Louvre. La décision devrait être entérinée en Conseil des ministres ce mercredi.
Contacté, Philippe Jost n’a pas répondu aux sollicitations de The Art Newspaper au moment où nous publions.




