Pour sa première interview depuis sa nomination le 26 février dernier, la nouvelle ministre de la Culture a accordé la primeur au service public. Un choix qui tranche avec sa prédécesseure, Rachida Dati, candidate malheureuse à la mairie de Paris, qui avait refusé les invitations de la radio durant la campagne des municipales.
Invitée de la matinale de France Inter le 30 mars, Catherine Pégard a répondu aux questions des journalistes – elle a elle-même dirigé jusqu’en 2007 le service politique de l’hebdomadaire Le Point. Rappelant sa fréquentation de longue date des artistes, elle a déclaré avoir « beaucoup d’admiration pour eux ».
Interrogée sur ses ambitions, la ministre a affirmé vouloir être « utile pour ouvrir la culture à tous et pour les artistes, ceux qui dirigent nos grands établissements publics, ceux qui dans les régions se battent pour maintenir le niveau d’excellence de la culture un peu partout. » Citant André Malraux, dont est célébré cette année le 50e anniversaire de la mort, elle a rappelé que « L’État n’est pas fait pour diriger l’art, mais pour le soutenir ».
Avec un budget de la Culture en baisse en 2026 – 4,2 milliards d’euros, soit 200 millions d’euros de moins qu’en 2025 –, la ministre a concédé que cela allait être « extrêmement difficile ». Elle a assuré plaider pour sanctuariser le prochain budget, le dernier du second quinquennat d’Emmanuel Macron : « pas de baisse supplémentaire, et même essayer de grappiller ici et là quelques subventions dont nous avons besoin d’urgence ».
Interrogée sur les priorités fixées au nouveau président-directeur du musée du Louvre, Christophe Leribault, nommé après la démission de Laurence des Cars, la locataire de la Rue de Valois a répondu : « Le vol du mois d’octobre a représenté un choc mondial, mais surtout pour ceux qui font vivre le Louvre chaque jour. […] Les quatre mois qui se sont écoulés ont révélé des failles, et nous incitent évidemment à aller plus loin et plus vite dans la mise en sûreté du musée. Des crédits ont été débloqués pour cela. Christophe Leribault va s’atteler à cette tâche, ouvrir une autre page. Quelles que soient les mesures que l’on va prendre, ce qui compte est de rendre la confiance à ceux qui travaillent tous les jours au Louvre et à ceux qui le visitent. »
Dossier majeur, le plan pharaonique « Louvre - Nouvelle Renaissance », annoncé en janvier 2025 par le président de la République, et dont le coût est estimé à plus de 1 milliard d’euros, est toujours d’actualité. « Je crois que le plan “Louvre – Nouvelle Renaissance” conserve toute sa nécessité pour que le Louvre soit présent dans ce XXIe siècle, comme il l’a été dans le XXe, comme le plus grand musée du monde. Pour cela, il faut faire des travaux, proposer de nouveaux circuits, de nouvelles entrées », a réaffirmé Catherine Pégard, avant de préciser que ce plan devrait être « aménagé » pour « mettre la sûreté et la sécurité plus en avant qu’on ne l’avait fait en racontant la magnificence du Louvre de demain. »
« Il faut l’ouvrir davantage, repenser ses collections, la manière de le visiter, a-t-elle ajouté. Des salles formidables sont aujourd’hui fermées. Mon objectif est que le Louvre ne soit pas seulement La Joconde. Il faut raconter le musée, comme on a raconté Versailles, qui n’est pas seulement la galerie des Glaces. »




