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2025, un bon cru pour les enchères en France

L’année a été marquée par de très beaux coups de marteau, signe d’un marché français résilient et solide, l’Hexagone restant un vivier de chefs-d’œuvre.

Alexandre Crochet
6 janvier 2026
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Buste d'Elvira d'Amedeo Modigliani (à droite), vendu aux enchères le 24 octobre à Paris pour 27 millions d'euros chez Sotheby's. © Sotheby’s. Photo : Thomas Ledoux

Buste d'Elvira d'Amedeo Modigliani (à droite), vendu aux enchères le 24 octobre à Paris pour 27 millions d'euros chez Sotheby's. © Sotheby’s. Photo : Thomas Ledoux

L’année 2025 a vu Paris briller aux enchères, avec des envolées certes pas aussi ébouriffantes qu’à New York, mais au moins au même niveau que Londres, si ce n’est plus. Une grande partie de ces étincelles ont eu lieu en octobre pendant Art Basel Paris, installée au Grand Palais. C’est l’Hôtel Drouot qui remporte la palme avec un portrait de Dora Maar par Picasso datant de 1943, vendu en octobre pendant la Foire pour 32 millions d’euros par Lucien Paris. Chez Sotheby’s, un portrait d’Elvire en buste par Modigliani est parti à 27 millions d’euros et, dans la foulée, un autre portrait du même artiste, Raymond, a atteint 10,6 millions. Chez Christie’s, un monochrome bleu d’Yves Klein a récolté 18,3 millions d’euros. Ces enchères à deux chiffres concernent également les tableaux, domaine dans lequel se distingue Artcurial depuis plusieurs années déjà : un exceptionnel David et Goliath de Guido Reni, vendu en association avec la maison Millon, a obtenu 12,4 millions d’euros, record du monde pour l’artiste. Artcurial arrive à nouveau troisième sur le podium, avec un volume de 208,5 millions d’euros, en hausse de 12 %, l’année ayant été marquée par quelques jolis coups de marteau, comme un tableau de Zao Wou-Ki vendu pour 3,5 millions d’euros, et un total de 19 enchères millionnaires, notamment une pour un cervidé de Rembrandt Bugatti. Ce montant inclut la maison de ventes suisse Artcurial Beurret Bailly Widmer.

Adjudication du David et Goliath de Guido Reni en novembre 2025, vendu chez Artcurial en association avec Millon. Photo : Artcurial

Chez Sotheby’s Paris, l’année passée s’est conclue sur un bilan en hausse de 17 %, à 440,5 millions d’euros, en incluant 52 millions d’euros de ventes privées. Les enchères y sont donc en hausse de 30 % grâce aux envolées mentionnées plus haut, auxquelles il faut ajouter une Ferrari de 1964 qui a frôlé les 35 millions d’euros, ainsi qu’un Bar aux autruches de François-Xavier Lalanne parti pour 11,1 millions d’euros, record détrôné cette même année à New York par un Hippopotame Bar, toujours chez Sotheby’s ! Prix fou également pour un modèle du sac Birkin d’Hermès qui s’est arraché à 8,6 millions d’euros, en pulvérisant l’estimation. Il avait été vendu auparavant par Jane Birkin dans une vente de charité, et la spécialiste de mode qui l’avait alors acquise n’en espérait sans doute pas tant ! Mais la combinaison magique du prototype et de la maison Hermès a fait tourner la tête de l’adjudicataire… Pour Mario Tavella, président de Sotheby’s France, « 2025 a marqué un tournant décisif pour le marché de l’art, porté par un regain de confiance et un élan qui a traversé l’ensemble du marché mondial ».

California, (IKB 71) d’Yves Klein, vendu chez Christie's en octobre 2025 pour 18,4 millions d’euros. © Christie’s

Chez Christie’s Paris, le total reste solide, en légère baisse de 8 %, à 332 millions d’euros. « La diminution du volume des ventes est à mettre à l’aune d’un marché qui reste prudent. Elle s’explique par un nombre de ventes moindre (50 en 2024 contre 43 en 2025, soit le chiffre le plus bas sur les cinq dernières années), mais également un nombre de lots mis en vente en baisse de 21 % (6 642 en 2024 contre 5 243 en 2025, soit le chiffre le plus bas sur les cinq dernières années) », précise la maison de la famille Pinault. Paris est, selon elle, au diapason des autres places de ventes du groupe dans le monde, « qu’il s’agisse de la position générale sur le marché ou de la performance des ventes. Le taux de vente et la valeur moyenne du lot à Paris [73 000 euros, ndlr] sont équivalents à ceux de Christie’s dans le monde ». Et de souligner la globalisation des enchérisseurs en provenance de 90 pays, à 80 % hors de France. Face à Londres, la poussée de Paris est une réalité : « Paris pèse environ la moitié du chiffre de Londres, contre près de 20 % quand je suis arrivée [en 2019, ndlr] », observe Cécile Verdier, présidente de Christie’s France.

Par ailleurs, alors que les nouveaux tarifs douaniers imposés par le président Donald Trump auraient pu freiner les acheteurs américains, il semblerait qu’il n’en soit rien, du moins pour l’instant, d’après Flavien Gaillard, directeur Europe du design chez Christie’s, l’un des domaines qui subissent le plus les effets de ces taxes. Les collectionneurs de haut calibre ont d’ailleurs souvent la possibilité de redistribuer leurs achats entre leurs nombreuses résidences sur la planète. Pour l’heure, les menaces actuelles de taxation des œuvres d’art semblent, elles, avoir un impact bien plus significatif dans l’Hexagone…

Au-delà des (bonnes) surprises, l’écart en 2025 entre les estimations et les prix obtenus ne manque pas de surprendre, tant ils sont souvent éloignés, en particulier chez les maisons anglo-saxonnes. Des exemples ? Chez Sotheby’s, l’estimation du portrait féminin par Modigliani était ainsi fixée à 5,5-7,5 millions d’euros et le tableau en a obtenu 32 millions. Chez Christie’s, la collection Stern était évaluée de 2 à 3 millions d’euros et en a récolté 15 millions. Lorsque les maisons de ventes anglo-saxonnes se félicitent d’avoir ainsi pulvérisé les estimations, faut-il comprendre entre les lignes que celles-ci ont été particulièrement travaillées pour attirer un maximum d’enchères, les spécialistes ayant réussi à convaincre les vendeurs d’adopter cette stratégie de prudence adaptée aux temps qui courent ? Cette stratégie s’est en tout cas révélée payante pour le Picasso passé à Drouot et qui était estimé autour de 8 millions d’euros, sans réserve !

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