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Analyse

Quelle ville d’Asie de l’Est deviendra la prochaine capitale du marché de l’art de la région ?

Si Séoul est aujourd’hui le principal prétendant à la place de Hongkong, Tokyo et Taïpei offrent également des perspectives intéressantes pour le marché de l’art.

Georgina Adam
2 septembre 2022
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Séoul ? Tokyo ? Taipei ? Ces trois villes se bousculent pour prendre la place de Hongkong en tant que hu principal du marché dans la région. Illustration : Katherine Hardy

Séoul ? Tokyo ? Taipei ? Ces trois villes se bousculent pour prendre la place de Hongkong en tant que hu principal du marché dans la région. Illustration : Katherine Hardy

Séoul, Singapour, Tokyo, Shanghai, Hongkong, Taïpei ? Une bataille acharnée s’engage alors que ces villes rivalisent pour devenir la nouvelle plaque tournante du marché de l’art en Asie. Si Hongkong conserve, pour le moment, plus ou moins sa place, de nouveaux arrivants sont sur ses talons.

Le principal prétendant est évidemment Séoul, que Frieze a choisi pour sa première incursion asiatique. Et les marchands occidentaux ont répondu présent : l’écrasante majorité des 119 exposants viennent d’Europe et des États-Unis et comprennent des poids lourds comme Gagosian, Hauser & Wirth et Ropac. Trois seulement viennent de Chine continentale, dont un de Hongkong.

S’agit-il donc des signes avant-coureurs de la perte de domination de Hongkong ? Pas si vite, assure Simon Hornby, de Crozier, l’un des transporteurs officiels de Frieze, qui achemine de nombreuses œuvres d’art vers Séoul. Et d’ajouter : « N’oubliez pas qu’aucune galerie n’a quitté Hongkong jusqu’à présent : la cité reste la porte d’entrée vers la Chine, ainsi que vers Séoul et Singapour. »

Autre aspect : pourquoi les maisons de ventes aux enchères internationales n’ont-elles pas créé leurs propres salles de vente à Séoul, suivant l’exemple de galeries comme Perrotin, Pace, Gladstone, Lehmann Maupin et Ropac, qui ont toutes ouvert des espaces sur place ? « Les maisons de ventes aux enchères sont moins souples, elles ont besoin d’une infrastructure plus compliquée », explique Simon Hornby. Cependant, Christie’s montre sur place, pendant Frieze Seoul, une œuvre d’Hockney hors de prix, point fort de sa vente du soir des XXe/XXIe siècles qui se tiendra à Londres en octobre. Phillips organise quant à elle une exposition-vente dans la capitale coréenne : ce sont à chaque fois une première pour chacune de ces maisons.

De son côté, Sotheby’s a organisé sa première vente d’art moderne et contemporain à Singapour, récoltant 24,5 millions de dollars singapouriens (environ 17,4 millions d’euros) et obtenant de bons résultats avec le peintre franco-vietnamien Le Pho et ses tableaux impressionnistes de fleurs et de personnages aux contours flous.

Dans un proche avenir se tiendra Tokyo Gendai, une initiative de Magnus Renfrew, Tim Etchells et Sandy Angus, les cerveaux derrière Taïpei, Sydney Contemporary et Art SG, la foire d’art singapourienne tant retardée. Tokyo Gendai doit être lancé l’année prochaine, et son ambition est de pouvoir enfin sortir le marché de l’art japonais de la léthargie dans laquelle il est tombé depuis plusieurs décennies. Mais le sentiment persiste qu’il est difficile de faire des affaires au pays du soleil levant, même si les autorités locales tentent de faire évoluer la situation, par exemple en assouplissant les règles fiscales.

Alors, qui va gagner ? Pour l’instant, c’est Séoul, haut la main, mais cela s’explique aussi par les incertitudes qui règnent ailleurs. Philip Dodd, spécialiste de la Chine, explique : « Il y a toujours des tensions jusqu’au Congrès national du Parti communiste chinois en octobre. Après, les choses peuvent être plus faciles, et les artistes occidentaux sont toujours désireux d’exposer en Chine. Mais avec les obligations de quarantaine qui changent de manière imprévisible, la Chine connaît des complications qui pourraient disparaître – ou pas – de sitôt. L’incertitude reste un problème majeur. »

La confiance n’a guère été renforcée après les témoignages faisant état de poissons, de crabes et même d’un hippopotame soumis à des tests de dépistage du Covid sur le continent.

Enfin, qu’en est-il de Taïpei ? En fait, elle est confrontée aux mêmes problèmes que Hongkong, alors que la Chine continentale intensifie progressivement sa pression sur l’île. « Il n’y a pas de perspective claire pour le moment », estime Simon Hornby. Il semble que, pour l’instant, Séoul soit le vainqueur, mais ne négligez pas pour autant les autres. Et il se pourrait bien qu’aucun centre fort n’émerge, mais plutôt un ensemble de pôles régionaux. Le marché de l’art asiatique – qui devrait atteindre 455 milliards de dollars d’ici 2023 – peut certainement avoir plusieurs têtes d’affiche.

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