Le Mensuel
Newsletter
Abonnements
Le Mensuel
Newsletter
L'actualité des galeries
L'éditorial de la semaine
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Politique culturelle
Livres
L'actualité des galeries
L'éditorial de la semaine
Expositions
Marché de l'art
Musées et institutions
Politique culturelle
Livres
Musée d'Orsay
Actualité

Les origines du cinéma au Musée d'Orsay

L'exposition « Enfin le cinéma ! » revient sur la genèse du 7e art dans la seconde moitié du XIXe siècle. Elle donne à voir l’effervescence sociale et culturelle qui a fait émerger ce nouveau média, entre images immobiles et animées, joujoux scientifiques et pratiques voyeuristes.

Anne-Lys Thomas
8 octobre 2021
Partagez

Rares sont les expositions capables de réunir d’immenses tableaux d’histoire, un daguerréotype de sang de grenouille et des photographies érotiques anonymes. Jusqu’en janvier 2022, c’est au musée d’Orsay que l’on peut trouver de telles associations, dans un grand panorama sur les origines du cinéma. Alors que les expositions sur l’émergence du 7e art se sont multipliées ces dernières années dans les musées, l’institution parisienne délaisse l’habituel catalogue des inventions techniques et formelles pour se concentrer sur les correspondances entre les arts et la production cinématographique de 1895 à 1907. « À l’origine de ce projet, il y a ce constat que la période couverte par le musée d’Orsay correspond à celle de l’apparition du cinéma », explique Dominique Païni, commissaire général de l’exposition. Le spécialiste, ancien directeur de la Cinémathèque française, s’est associé à deux conservateurs du musée d’Orsay, Marie Robert, chargée de la photographie et du cinéma, et Paul Perrin, chargé de la peinture, pour signer une exposition polyphonique, au parti pris « didactique et poétique ». En 315 œuvres – films, photographies, peintures ou objets d’art –, elle montre que l’œil cinématographique existait bien avant l’arrivée des salles de projections publiques.

Jules-Etienne Marey, Descente d’un plan incliné, 1882, négatif sur plaque de verre positive au gélatino-bromure d’argent, 18,2 × 23,9 cm, France, Paris, Cinémathèque Française. Photo © Collection La Cinémathèque française

Le parcours fait ainsi le portrait d’une société urbaine voyeuriste, coutumière d’expériences optiques en tout genre : diorama des fêtes foraines, stéréoscopes, phénakistiscopes, tableaux vivants et même exhibitions de cadavres à la morgue... De la série des Cathédrales de Monet aux danses serpentines électrisées de Loïe Fuller en passant par les images de la ville photographiée par Henri Rivière ou peinte par Gustave Caillebotte, les œuvres exposées reflètent cette fascination pour le mouvement, le spectacle des corps, les lumières et les ombres. Côté peinture, l’exposition ne se limite pas qu’aux avant-gardes, auxquelles le cinéma est le plus souvent associé, mais élargit le propos à la peinture académique. « Choisir le cinéma des premiers temps comme prisme permet de rebattre un peu les cartes, de ne pas s’en tenir à une histoire de l’art des grands noms, des mouvements et d’une chronologie connue qui mènerait inéluctablement à l’apparition de l’art moderne et de l’abstraction. Le parcours propose justement une déambulation dans l’histoire de la seconde moitié du siècle qui essaye de ne pas tomber dans ces habitudes pour proposer un regard nouveau », précise Paul Perrin.

Léon Belly, Pèlerins allant à La Mecque, 1861, huile sur toile, 161 × 242 cm, Paris, France, musée d’Orsay. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Léwandowski

Foisonnante et passionnante, l’exposition donne à voir une débauche d’images et d’objets qui est celle du cinéma des débuts. « Le cinéma des premiers temps est boulimique, impur, à la croisée de diverses techniques, de projections, d’animations, d’enregistrements des images, à l’intersection de champs artistiques, scientifiques et techniques, du spectacle savant et des loisirs populaires, explique Marie Robert. Cette exposition est l’expression de ce foisonnement. Elle nous parle aussi d’aujourd’hui, de cette pandémie qui nous a fait vivre le manque des salles de cinéma, et de l’importance de se rassembler dans un même lieu pour partager une expérience sensible. En ce sens, c'est une exposition éminemment politique. »

Léonce Perret, Léonce cinématographiste, mai 1913, France, photogramme du film muet en noir et blanc teinté. Production : Société Léon Gaumont & Cie, Paris. Paris. Collection Gaumont-Pathé Archives

-

« Enfin le cinéma ! Arts, images et spectacles en France (1833-1907) », du 28 septembre 2021 au 16 janvier 2022, Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d’honneur, 75007 Paris,

Musée d'OrsayCinémaExpositionsPhotographie
Partagez
Abonnez-vous à la Newsletter
Informations
À propos du groupe The Art Newspaper
Contacts
Politique de confidentialité
Publications affiliées
Cookies
Publicité
Suivez-nous
Instagram
Bluesky
LinkedIn
Facebook
X
Ce contenu est soumis à droit d'auteurs et copyrights

À lire également

ExpositionsReportage
15 janvier 2021

Douze expositions à ne pas rater en 2021

Les expositions, qui ont tant manqué à l’année 2020, devraient revenir en force en 2021. Voici un panorama non exhaustif de l’année à venir dans les musées en France et dans le monde, en douze accrochages attendus.

Anne-Lys Thomas
Foires et salonsActualité
10 novembre 2025

PhotoSaintGermain et Photo Days, de Saint-Germain-des-Près à toute L'Île-de-France

Deux parcours photographiques se côtoient au cœur de Paris, jusqu’en Île-de-France.

Nicolas Denis
ExpositionsEntretien
19 mai 2021

Laurent Grasso : « mon film reflète notre présence au monde »

Le plasticien et vidéaste français présente dans la nef du musée d’Orsay, à Paris, son nouveau projet, « Artificialis ».

Propos recueillis par Stéphane Renault