À moins d’un mois de la clôture de la Biennale de Venise 2026, le 22 novembre 2026, le pavillon américain fait de nouveau parler de lui, cette fois pour des raisons financières plutôt qu’artistiques. Selon les informations de Zachary Small, du New York Times, l’association à but non lucratif chargée de son organisation a lancé un appel aux donateurs : elle doit réunir 1 million de dollars (environ 895 000 euros) supplémentaires, sous peine de ne pouvoir rapatrier aux États-Unis les imposantes sculptures d’Alma Allen.
« Nous avons un besoin urgent de financement pour assurer le démontage de l’exposition et le rapatriement des œuvres aux États-Unis en toute sécurité », a écrit Jenni Parido, directrice de l’American Arts Conservancy (AAC), dans un courrier adressé aux donateurs. Elle a précisé que l’organisation n’avait recueilli que 1,4 million de dollars (1,25 million d’euros) sur un budget total de 2,5 millions de dollars (2,24 millions d’euros).
Le département d’État américain a bien accordé au pavillon sa subvention habituelle de 375 000 dollars, mais il revenait à Jenni Parido et à son association, récemment créée, de réunir le reste du budget. Ancienne propriétaire d’une animalerie, Jenni Parido n’a guère d’expérience dans le monde de l’art, hormis une formation en design graphique. Elle est par ailleurs une amie d’Erin Scavino, directrice du programme Art in Embassies du département d’État et ancienne candidate de l’émission de téléréalité The Apprentice, présentée par Donald Trump.
Ce déficit est d’autant plus étonnant que le pavillon américain avait été salué pour son budget bien inférieur à celui des éditions précédentes. Celui de 2024 s’élevait à 5 millions de dollars, contre 7 millions en 2022. L’AAC a recueilli l’essentiel des fonds lors d’événements privés auxquels ont notamment participé le styliste Tommy Hilfiger et le collectionneur John Phelan, ancien secrétaire américain à la Marine.
« En temps normal, les budgets sont établis avec beaucoup de rigueur, a déclaré au New York Times l’historienne de l’art Katy Siegel, qui avait été cocommissaire du pavillon américain en 2017. Peut-être n’y a-t-il plus aucun contrôle aujourd’hui. C’est insensé. » Selon elle, il serait également très difficile de trouver à Venise un lieu où stocker les sculptures d’Alma Allen, dont certaines pèsent près d’une tonne.
De son côté, Alma Allen, qui vit au Mexique, a assuré au New York Times qu’il ignorait tout des difficultés financières de l’AAC. « On m’a seulement remboursé mes frais de voyage et ma location Airbnb, qui ne coûtait pas cher », a-t-il déclaré. L’artiste bénéficie actuellement, et jusqu’au 19 décembre, de sa première exposition personnelle à la galerie Perrotin. Il y dévoile un ensemble de nouveaux bronzes monumentaux.




