La galerie Perrotin vient d’annoncer la représentation internationale du sculpteur américain Alma Allen. Né en 1970 dans l’Utah, l’artiste vit et travaille aujourd’hui à Tepoztlán, au Mexique. Autodidacte, il développe depuis plusieurs décennies une pratique de la sculpture fondée sur le travail de matériaux naturels tels que le bois, la pierre et le bronze, souvent prélevés dans son environnement immédiat.
Cette année, Alma Allen représentera les États-Unis lors de la 61e Biennale de Venise (9 mai au 22 novembre 2026). Toujours en 2026, la galerie Perrotin organisera sa première exposition personnelle à Paris, prévue en octobre, en parallèle de la Foire Art Basel Paris.
La décision de représenter ce sculpteur méconnu et dont le marché reste modeste (son record aux enchères est de 38 400 dollars en juillet 2025, chez Bonhams) ne manque pas d’interroger. Jusqu’ici, ses expositions ont en effet principalement été cantonnées à des musées plutôt régionaux, tels « Nunca Solo » au Museo Anahuacalli à Mexico (2023), ou « Not Yet Titled » au Museum Dhondt-Dhaenens en Belgique (2023). Son travail a également été présenté au Musée et Jardins Van Buuren à Bruxelles (2021) ainsi que dans l’exposition « In Conversation : Alma Allen & JB Blunk » au Palm Springs Art Museum en 2018, reprise en 2019 au Nevada Museum of Art de Reno, toujours sur le sol états-unien. Parmi ses expositions personnelles récentes figure aussi « Masa » au Rockefeller Center à New York (2022).

Alma Allen, Not yest titled, 2019, marbre. Courtesy de l'artiste et Perrotin
De plus, sa désignation pour participer à la Biennale de Venise s’est accompagnée de polémiques. Selon le New York Times, l’artiste « était représenté internationalement par deux galeries, qui ont coupé les ponts avec lui après qu’il a accepté sa nomination par le département d’État » américain, l’équivalent du ministère des Affaires étrangères, pour la plus importante exposition d’art contemporain au monde.
Plusieurs artistes de ses deux galeries, Mendes Wood DM et Olney Gleason (anciennement Kasmin Gallery), avaient protesté contre cette nomination provenant de l’administration Trump engagée dans une politique de coupes sévères de budgets pour la culture, s’attaquant à la programmation des institutions et sabrant les aides financières publiques aux bourses de centaines d’organisations culturelles.
Autre grief : d’aucuns se sont émus du fait que le département d’État ait désigné Alma Allen en faisant fi du processus habituel de sélection impliquant des personnalités respectées du monde de l’art.
Bad buzz pour la galerie, ou stratégie délibérée pro-États-Unis de Donald Trump ? Contactée, l’enseigne assure qu’Emmanuel Perrotin était en contact avec l’artiste avant sa désignation pour représenter son pays à Venise. « La galerie n’est pas une organisation politique : l’une des missions fondamentales de la galerie est d’accompagner les projets de nos artistes, même dans les contextes les plus exigeants ou challengeants », nous a répondu un porte-parole de l’enseigne d’art contemporain, qui bénéficie d’espaces de Paris à New York, en passant par Tokyo, Los Angeles ou Shanghai.




