On entre par le parking. Au 187-189 quai de Valmy, à deux pas du canal Saint Martin, une rampe de béton descend vers le sous-sol. L’installation vidéo multicanal d’Ayman Zedani, In the Bellies of the Rocks, y enveloppe le visiteur. Le musée d’art contemporain d’AlUla, Arts AlUla et l’AFALULA la présentent dans le cadre de la saison culturelle d’AlUla à Paris. Le projet prolonge des années de recherches de l’artiste saoudien entre sites archéologiques, déserts et littoral de la mer Rouge. Objets et fragments y brouillent la frontière entre artefact, fausse preuve et œuvre d’art. Entrée en matière inattendue.
Car Paris Internationale, qui ouvre sa 12e édition en marge d’Art Basel Paris, a fait de l’écart sa méthode. Elle est née en 2015 à l’initiative de galeristes, parmi lesquels Crèvecœur, Ciaccia Levi et Gregor Staiger. La foire emprunte son nom à l’Internationale situationniste de Guy Debord. Autogestion, dérive, détournement : le vocabulaire est assumé. Entrée gratuite, stands à prix accessibles, galeries émergentes et établies mêlées sans secteurs, projets limités à trois artistes. Elle a déjà occupé des hôtels particuliers haussmanniens, les anciens locaux de Libération ou le central téléphonique Bergère. La voici cette fois dans 3 500 m2 d’architecture ordinaire : une tour de cinq étages sur rue et un bâtiment sur cour, scénographiés une fois encore par les Bâlois Christ & Gantenbein. Six mois après une première édition milanaise, 54 galeries et 6 structures non lucratives de 19 pays s’y partagent les cimaises, dont 15 nouvelles venues.
Au rez-de-chaussée, la Corée donne le ton. Avec le Korea Arts Management Service, NEXT: KOREA GALLERIES réunit sept jeunes enseignes de Séoul sous le titre « Second Nature ». Premier stop devant les acryliques de Jiun Koo chez Ingahee et les pastels tendres sur papier de Kun Kang chez Ranee Seoul. Chez Caption, on s’arrête devant le mur tapissé d’intrigants métronomes revisités de Kay Yoon (de 1 000 à 2 800 euros) et les huiles sur lin de Yongjae Lee (5 800 euros). « Nous espérons rencontrer des collectionneurs ouverts aux pratiques expérimentales, mais aussi des commissaires et des institutions, confie Hyein, de la galerie. Que ces rencontres mènent à des ventes, à des relations durables et à de futures expositions en Europe. »

La galerie El Apartamento expose les assemblages de matériaux récupérs de Miren Doiz, empreints d'un esprit dadaïste. D. R.
Au premier étage, Don (Shanghai) présente notamment Luc Ming Yan, tandis que Ciaccia Levi (Paris, Turin) aligne des assemblages de Kenny Dunkan. Chez Gaga (Mexico), les huiles de Mathieu Malouf dialoguent avec les œuvres de Maggie Lee. Villa Magdalena (Madrid, Saint-Sébastien) enregistrait dès l’ouverture quelques touches pour les huiles et pastels de Mie Yim, autour de 10 000 euros. Tiziana Di Caro (Naples) montre les encres et broderies de Stéphanie Saadé, de 3 500 à 11 000 euros. L’espace d’art parisien Goswell Road, à but non lucratif, présente Raphaël Fanelli, Sabrina Röthlisberger Belkacem et Giles Round, avec des prix entre 550 et 800 euros.
Au deuxième étage, Photography Exhibit! (Zurich) propose les tirages pigmentaires sur papier baryté de Mona Varichon à 2 400 euros. Callirrhoë (Athènes) expose sept bronzes de la série Scarps de Vasilis Papageorgiou, de 5 000 à 9 000 euros. El Apartamento (La Havane, Madrid) accroche les installations murales en bois recyclé de Miren Doiz. Sperling (Munich) montre l’univers d’Andrew Gilbert, de 3 400 à 18 000 euros. Champ Lacombe (Biarritz, Londres) dévoile de nouvelles sculptures, vidéos et photographies de Lucy Beech. Kendall Koppe (Glasgow) consacre un solo show à Keith Farquhar et à ses images sublimées sur fourrure.
Dernière volée de marches. Au troisième étage, la parisienne Shmorévaz, nouvelle venue, révèle les tirages argentiques montés sur carton de Catharine MacTavish, afichés autour de 2 500 euros. Pour sa troisième participation, Derouillon (Paris) fait dialoguer les sculptures de Mathilde Albouy (de 4 500 à 12 000 euros) et les peintures d’Alex Foxton, deux regards sur l’identité mise en scène. Corpus (Cambridge) propose des toiles de Richard Walker entre 6 000 et 10 000 euros. Pequod Co. (Mexico) place les grandes toiles d’Elsa-Louise Manceaux, à 10 500 euros pièce, face aux sculptures animées d’Andrew Roberts, de 9 500 à 10 500 euros.
Prix contenus, accrochages resserrés, curiosité récompensée. Redescendu au parking, on mesure combien la foire tient encore sa promesse.
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Paris Internationale, jusqu’au 24 octobre 2026, 187-189 quai de Valmy, 75010 Paris.




