Art Basel Paris avait choisi cette année d’axer sa communication sur la Ville Lumière et l’extraordinaire attrait de cette cité à nulle autre pareille par son histoire, son patrimoine, sa culture, son art de vivre. Pour la première fois, sont ainsi exposées, dans le cadre de son programme hors les murs, des œuvres – celles de Tracey Emin en l’occurrence – au Trocadéro, dans la perspective de la tour Eiffel ! Mais Paris, justement, c’est aussi la ville de la Révolution française, de la Commune et de Mai 1968, une cité qui a connu nombre de rébellions et de saccages, jusqu’aux incendies de l’Hôtel de Ville et du palais des Tuileries, en 1871. Les événements gravissimes du 17 octobre en marge d’une manifestation contre la vie chère, lorsque des groupes de casseurs ont semé la destruction dans plusieurs quartiers de Paris, sont venus ternir aux yeux du monde cette image de carte postale et de série Netflix. Les scènes d’affrontements et de pillages ont tourné en boucle sur les chaînes de télévision de l’Amérique à l’Asie, au point que, dès dimanche, selon nos informations, les premiers étrangers annulaient leur venue à Art Basel Paris.
Ce même dimanche, quelques heures après le report de la preview de l’exposition « Stan Douglas » au Jeu de Paume, « en raison de la reprise des manifestations, par mesure de sécurité et en accord avec les dispositions du jardin des Tuileries », Art Basel Paris envoyait un message circonstancié à ses VIP, précisant que « des mesures de sécurité complètes [avaient été] mises en place au Grand Palais à la suite des manifestations qui se sont déroulées hier à Paris. […] Les préparatifs de la foire se poursuivent comme prévu. La sécurité de tous les visiteurs, exposants et membres du personnel, ainsi que la protection des œuvres d’art, constituent notre priorité absolue ». Et de poursuivre : « Nous disposons de protocoles de sécurité étendus pour notre édition parisienne et travaillons en étroite collaboration avec une société de sécurité privée et, lorsque cela est nécessaire, avec la préfecture de police de Paris, afin de garantir en permanence un environnement sûr ». La foire a encore assuré que « des barrières anti-véhicules-béliers ont été installées autour du Grand Palais afin d’empêcher les véhicules non autorisés d’accéder au site et aux zones piétonnes adjacentes. Des agents de sécurité supplémentaires ont été déployés pour surveiller le périmètre de la foire 24 heures sur 24 ». Reste à espérer que ces mesures de sécurité exceptionnelles permettront de rassurer les grands collectionneurs et les amis des musées internationaux, et de les convaincre de maintenir leur venue au Grand Palais cette semaine.





