Deux cambrioleurs se sont introduits mardi 8 septembre à l’aube au Musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, et ont dérobé quatre œuvres, dont deux ont été retrouvées dans le parc de la villa. Le cambriolage, mené en moins de cinq minutes, relance les inquiétudes sur la sécurité des musées français, près d’un an après le spectaculaire vol survenu au Louvre. Il intervient également quelques mois après les conclusions alarmistes rendues par la commission d’enquête parlementaire sur la protection du patrimoine et la sécurisation des musées.
Installé dans la demeure des hauteurs de Cagnes-sur-Mer où Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) passa les dernières années de sa vie, le musée municipal abrite notamment une douzaine de peintures ainsi que des objets personnels de l’artiste. Les voleurs ont pénétré dans le bâtiment peu avant 6 heures et ont utilisé une scie métallique pour sectionner les pistons qui maintenaient les cadres. L’alarme du musée et celle de la police ont toutefois contraint les malfaiteurs à fuir précipitamment. Sur les douze œuvres exposées, quatre ont été emportées ; deux ont ensuite été abandonnées dans les jardins.
Interrogée sur place par des journalistes, Caroline d’Amat, maire adjointe à la culture, au patrimoine et au mécénat de Cagnes-sur-Mer, a précisé : « L’une des œuvres retrouvées dans le jardin est Madame Pichon de Renoir. Je ne sais pas encore dans quel état elle est. » La seconde œuvre n’a, quant à elle, pas encore été identifiée et se trouve actuellement entre les mains de la police judiciaire. L’élue ajoute : « Les œuvres étaient vraiment scellées au mur et il y avait un système d’accroche en métal supplémentaire. Je pense que les voleurs ont échappé de peu à la police, car l’œuvre trouvée dans le jardin est de grande valeur. » Le parquet de Grasse a ouvert une enquête, tandis que des relevés d’empreintes ont été effectués.
Avant que le deuxième tableau ne soit retrouvé, la mairie avait estimé à 9 millions d’euros la valeur des trois œuvres alors portées disparues. Bryan Masson n’a, pour l’heure, pas apporté de nouvelle précision sur le montant du préjudice. Lors d’une prise de parole devant la presse, le maire a toutefois insisté sur sa dimension symbolique : « le préjudice est aussi dans le cœur des Cagnois et des Français. Je forme le vœu que le gouvernement active des financements pour préserver tous les musées de France », a-t-il déclaré.
En effet, l’affaire intervient dans un contexte de vulnérabilité accrue des musées français : rien que l’année dernière, ils ont connu une vague de vols, avec 22 incidents recensés, dont 3 dans des musées nationaux. En juillet, un collier en or du trésor de Vix avait été volé au musée de Châtillon-sur-Seine, tandis que des pièces de joaillerie disparaissaient du Musée Lalique de Wingen-sur-Moder, pour plus de 4,5 millions d’euros.
Face à cette série de vols, le ministère de la Culture a présenté en juillet un plan de sécurité en 33 points, recommandant notamment le retrait temporaire de certaines pièces lorsque leurs dispositifs de présentation ne sont pas suffisamment sécurisés.




