Ce sera sa première exposition personnelle en France. La galerie Gagosian accueillera dans son espace parisien de la rue de Ponthieu, du 19 octobre au 18 décembre 2026, une exposition consacrée à Lee Krasner, figure majeure de l’expressionnisme abstrait américain. Organisée en collaboration avec la galerie Olney Gleason (New York) et la Pollock-Krasner Foundation, cet accrochage réunira des peintures et des œuvres sur papier réalisées dans les années 1960, une décennie décisive dans le parcours de l’artiste. Il s’agira d’une étape importante dans la reconnaissance internationale de son œuvre.
L’événement s’inscrira dans le prolongement de la rétrospective européenne itinérante « Lee Krasner : Living Color » préséntée à Londres et Bilbao en passant par Francfort et Berne (2019-2021). Il coïncidera avec l’ouverture de « Krasner and Pollock : Past Continuous » présentée au Metropolitan Museum of Art de New York (4 octobre 2026-31 janvier 2027), première grande exposition consacrée conjointement à Lee Krasner et à son mari Jackson Pollock.
Pour Larry Gagosian, la période qui sera mise à l’honneur à Paris cet automne constitue un moment charnière dans la carrière de l’artiste : « Les années 1960 ont marqué un tournant décisif dans la vie et la carrière de Lee Krasner, son style artistique unique ayant alors commencé à être reconnu à part entière ». Il souligne également que cette exposition parisienne interviendra alors que « son talent et ses contributions sont enfin reconnus à l’échelle institutionnelle ».

Lee Krasner, vers 1960–61, Jackson Pollock and Lee Krasner papers, vers 1914–84, Archives of American Art, Smithsonian Institution. Photo: Paul De VriesCourtesy the Pollock-Krasner Foundation and Olney Gleason, New York
Au cours des années 1960, Lee Krasner partage son temps entre Springs, hameau de la ville de East Hampton, et son atelier de Manhattan. Elle s’engage alors dans une phase intense d’expérimentations, travaillant sur des formats de plus en plus monumentaux et développant un langage pictural plus libre et lyrique. L’artiste adopte des palettes volontairement restreintes et applique parfois la peinture directement à partir du tube. De cette recherche naissent notamment les séries des Umber Paintings (1959-1962) et des Primary Series, aujourd’hui considérées comme faisant partie des sommets de son œuvre.
L’exposition parisienne retracera cette évolution à travers un ensemble d’œuvres couvrant toute la décennie. Elle s’achèvera avec la présentation de Comet (1966-1970), imposante toile conservée dans les collections de la Pollock-Krasner Foundation (New York).
Selon Eric Gleason (cofondateur de la galerie Olney Gleason), cette sélection permettra de mieux mesurer l’apport historique de l’artiste : « Cette importante exposition, consacrée aux œuvres des années 1960, mettra davantage en lumière la place qu’occupe Krasner parmi les peintres les plus diversifiés et les plus audacieux de l’après-guerre ». Il rappelle également l’engagement d’Olney Gleason et de la fondation dans la valorisation du corpus de Lee Krasner.
Si cette exposition sera une première en France, le lien entre Lee Krasner et le pays est ancien. Admiratrice de l’art moderne français, notamment d’Henri Matisse, elle a effectué un voyage marquant à Paris en 1956. Les collections du Louvre ont alors nourri sa réflexion sur l’histoire de la peinture européenne.



