La galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, qui représente l’artiste, a annoncé la disparition de Peter Stämpfli ce vendredi 20 février. Le peintre suisse, né en 1937 à Deisswill, près de Berne, était installé à Paris depuis la fin des années 1950.
Il avait expliqué dans un entretien paru dans Art Interview en 2020 que le « déclic » de sa vocation d’artiste avait été provoqué par une exposition qu’il avait vue en 1958 à Bâle. Il y avait découvert l’expressionnisme abstrait américain, notamment Jackson Pollock et Mark Rothko. Il s’installe l’année suivante à Paris, où il s’est alors consacré à la peinture – il n’est plus jamais reparti de la capitale française. Il a commencé en 1963 à peindre les objets du quotidien, devenant ainsi l’un des pionniers du pop art européen. La même année se tient sa première exposition parisienne, à la galerie Jean Larcade.
En 1967, Peter Stämpfli commence à représenter automobiles et pneus, ce dernier élément devenant à partir de 1969 l’unique sujet de son œuvre. Il les représente en « architecte », explique-t-il dans une vidéo réalisée en 2023 par la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, à l’occasion de son exposition « Fast & Furious ». À partir de 1975, les formes deviennent « abstraites, ou figuratives abstraites, mais toujours dédiées à cet unique thème ».
Il a participé à diverses biennales, dont celle de Venise en 1970, dans le pavillon suisse, et ses œuvres sont présentes dans les collections de nombreux musées à travers le monde. En 2002, la Galerie nationale du Jeu de Paume, à Paris, lui avait consacré une grande rétrospective sous le commissariat de Daniel Abadie, qui l’a beaucoup soutenu et écrit sur lui. En 2011, il a fondé à Sitges, près de Barcelone, la Fondation Stämpfli, un centre d’art contemporain qui accueille une sélection de ses œuvres et celles d’autres artistes comme Olivier Mosset ou Jean-Pierre Raynaud.
L’ancien directeur du musée national d’art moderne – Centre Pompidou, Alfred Pacquement l’a rencontré au tout début des années 1970 et a suivi sa carrière de près depuis lors, ayant « beaucoup de respect pour son travail rigoureux et construit », nous confie-t-il.
Son œuvre « part d’une peinture sur l’objet quotidien traité de façon extrêmement neutre, dans l’esprit du pop art, mais à une date précoce, le tout début des années 1960, témoigne Alfred Pacquement. Il aborde le thème de l’automobile puis celui du pneu. Enfin, plus son travail se développe, plus il zoome, jusqu’à ne retenir que les motifs graphiques du pneu ; il passe aussi d’un travail en noir et blanc, d’une palette sombre, à des compositions aux couleurs vives qui le rapprochent d’un art concret abstrait, dans un esprit qui me faisait penser à son concitoyen suisse Max Bill ».
Bien que largement reconnu, son travail aurait sans doute eu encore plus d’écho si Peter Stämpfli avait fait partie d’un groupe comme celui de la Figuration narrative, qu’il n’a jamais vraiment intégré.




