« La pagode de M. Loo avait un charme inégalable, mais force est de constater que le lieu ne répondait plus aux exigences de confort des marchands comme du public », confie Camille de Foresta, la toute nouvelle présidente du Printemps Asiatique Paris. « En déplaçant le Salon à la galerie Charpentier, au cœur des quartiers majeurs du marché de l’art parisien, nous changeons délibérément d’échelle. Nous sommes ainsi passés de 16 à 28 galeries, dont de nombreuses enseignes étrangères venues des Pays-Bas, du Royaume-Uni et même du Japon », se félicite-t-elle.
Succédant à Christophe Hioco, cette pétillante commissaire-priseuse, qui officie depuis 2016 chez Christie’s, s’est également donné comme ambition de renforcer le partenariat avec les institutions muséales parisiennes les plus prestigieuses, tels le musée national des Arts asiatiques – Guimet, le musée Cernuschi, le musée des Arts décoratifs ou bien encore la Bibliothèque nationale de France, afin de faire connaître au public le plus large la variété et la vitalité des arts asiatiques. Une quarantaine d’événements (tables rondes, colloques, visites privées, ventes prestigieuses) rythment ainsi cette 9e édition, aux côtés des 21 galeries proposant un parcours parallèle à travers toute la capitale.
LA CORÉE EN MAJESTÉ
Souhaitant célébrer avec panache le 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée, de nombreux marchands ont choisi de mettre en lumière la scène artistique contemporaine du pays du Matin calme. C’est le cas de Louis & Sack (Paris) qui expose cinq femmes artistes. Parmi elles, Lee Hyun Joung explore avec subtilité les variations infinies du hanji, le papier traditionnel coréen qu’elle fabrique elle-même dans son atelier parisien. « La cote de Lee Hyun Joung, dont nous suivons le travail depuis de nombreuses années, ne cesse de monter à l’international. Nous sommes très heureuses de pouvoir montrer, outre ses très grands formats pouvant atteindre 30 000 euros, ses œuvres plus petites, qui se vendent à partir de 4000 euros », se réjouit Aude Louis Carvès, cofondatrice de la galerie en 2020 avec Rebecca Sack.
Pour sa première participation au Salon, la galerie Françoise Livinec (Paris, Huelgoat) présente quant à elle les abstractions lumineuses de Kim En Joong ainsi que les œuvres éminemment spirituelles de la peintre, poétesse et calligraphe franco-coréenne Bang Hai Ja, décédée en 2022. Magna Gallery Paris livre à la contemplation les compositions végétales d’Aeri Lee, psychédéliques à souhait, tandis que Martin Doustar (Londres) dévoile sa collection de portraits de lettrés coréens de la dynastie Joseon (1392-1897), parmi lesquels un rarissime exemplaire daté du XVIIe siècle ayant appartenu au diplomate français Victor Collin de Plancy. D’un dépouillement extrême, cette merveille est à acquérir pour 200 000 euros.
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Printemps asiatique Paris, 3-12 juin 2026, galerie Charpentier, 76, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris.




