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Entretien

Guillaume Piens : « Art Paris valorise l'écosystème des galeries françaises »

Tandis que la Foire revient début avril au Grand Palais, son commissaire général présente cette édition 2026 pleine de promesses malgré un contexte global tendu.

Propos recueillis par Alexandre Crochet
3 avril 2026
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Guillaume Piens. © Céline Nieszawer

Guillaume Piens. © Céline Nieszawer

Si Art Basel Paris cible en premier lieu une clientèle étrangère parfois lointaine, avec un niveau d’achat souvent très élevé, peut-on dire qu’Art Paris, en revanche, offre un aperçu du vrai visage du marché français ?

Concernant l’offre, Art Paris accueille 60 % d’enseignes hexagonales et valorise l’écosystème des galeries françaises : celles venues des régions (une dizaine pour cette édition) ; les jeunes au sein du secteur Promesses ; celles dédiées à l’art moderne et contemporain établies dans le secteur général. Une grande majorité des visiteurs vient de Paris et des régions françaises, mais on note la présence croissante de collectionneurs étrangers curieux, attirés par une proposition différente de nombreuses autres foires.

Certaines galeries parisiennes ferment, beaucoup souffrent en ce moment… Comment analysez vous la conjoncture ?

D’une manière générale, le contexte économique et financier s’est fortement durci depuis 2025. Le monde est dans un état d’intranquillité et d’anxiété qui ne favorise pas le désir d’achat. Pour ce qui est du marché de l’art, celui-ci ne s’est pas arrêté comme ce fut le cas en 1991, mais il s’est considérablement ralenti. Il connaît une véritable correction, notamment dans le segment de l’ultracontemporain et s’agissant des artistes qui alimentaient la spéculation financière de ces dernières années. En revanche, l’art moderne reste une valeur refuge en temps de crise, et je remarque toujours autant d’intérêt pour les artistes émergents dans une fourchette de prix entre 2 000 et 10 000 euros. En ce qui concerne la situation des galeries parisiennes, tout n’est pas entièrement gris. La Foire accueillera trois enseignes, Waddington Custot (Londres), Cuturi (Singapour) et Alina Pinsky (Moscou), lesquelles ont ouvert ou vont ouvrir une antenne dans la capitale d’ici le mois d’avril. Des galeries comme Semiose ou Dina Vierny ont inauguré de nouveaux espaces parisiens. D’autres se restructurent. Si la trésorerie de nombre d’entre elles reste tendue, on observe des signaux encourageants au niveau des ventes depuis la fin de l’année 2025, que ce soit lors d’enchères ou sur des foires qui se sont tenues en janvier 2026, comme Art Genève, en Suisse, ou la Brafa, à Bruxelles.

Pouvez-vous commenter les choix des nouveaux exposants étrangers ?

Parmi les arrivées dont nous nous réjouissons, je citerais la galerie sud-africaine Everard Read (Johannesbourg) qui présente le travail de Mary Sibande, sélectionnée par Alexia Fabre pour sa thématique sur « La Réparation » et nommée pour le prix Her Art 2026 destiné aux artistes femmes ; la belge Mulier Mulier (Bruxelles) qui vient avec Art & Language, en hommage au parcours du commissaire Loïc Le Gall « Babel. Art et langage en France » ; la néerlandaise Lumen Travo (Amsterdam), qui partage un stand avec In Situ – fabienne leclerc (Romainville) ; ou encore l’espagnole Rocio SantaCruz (Barcelone) qui dévoile l’œuvre de Teresa Gancedo, une immense peintre à redécouvrir.

Qu’apporte le secteur French Design Art Edition à la Foire ?

Il s’agit d’une offre complémentaire axée sur le design contemporain en série limitée et qui met en avant le savoir-faire made in France. Cette plateforme confiée à Jean-Paul Bath et Sandy Saad, commissaires d’exposition et dirigeants de l'association Le French Design, accueillera 18 architectes d’intérieur, designers, éditeurs et galeristes spécialisés dans le design, ainsi que de nouvelles participantes telles Diana Ghandour (Beyrouth), Andrée Putman Studio, Emma Donnersberg ou encore India Mahdavi (toutes basées à Paris).

Avec 27 exposants, le secteur Promesses invite à faire de nombreuses découvertes. Qui y verra-t-on ?

La sélection du secteur Promesses effectuée avec le concours de Marc Donnadieu [contributeur à notre journal] reflète pleinement l’ADN régional et cosmopolite de la Foire avec 56 % de participation française (dont trois jeunes galeries en région) et 44 % d’enseignes étrangères – en provenance d’Australie, de Belgique, du Canada, d’Italie, du Luxembourg, du Maroc, de Singapour et des États-Unis, et présentant un total de 56 artistes.

Madeleine Dinès, Jeune Femme nue aux chaussettes jaunes, 1930, huile sur toile. Courtesy de la galerie Pauline Pavec

« L’art moderne reste une valeur refuge en temps de crise, et je remarque toujours autant d’intérêt pour les artistes émergents. »

Parmi les 12 galeries participant pour la première fois à ce secteur, citons Cassandra Bird Gallery (Sydney, Paris), avec les sculptures textiles de l’artiste aborigène Juanita McLauchlan, et Iragui (Romainville), qui rassemble les œuvres de Linda Carrara, Carlos Noronha Feio et d’Olga Chernysheva. Huit galeries ont opté pour des expositions monographiques : la romainvilloise 22,48 m2 (Nicolas Boulard) et la parisienne Salon H (Ian Salamente) en passant par la casablancaise AA Gallery (Yasmine Hadni) ou la singapourienne Cuturi Gallery (Mahalakshmi Kannappan). En matière de tendances, la céramique est très présente avec Yoshimi Futamura (représentée par Anne Laure Buffard, Paris), Nguyen Duy Manh (Galerie Bao, Paris), Holly Stevenson (C+N Gallery Canepaneri, Milan et Gênes) ou encore Philippine d’Otreppe (EDJI Gallery, Bruxelles), qui rend hommage aux brasseries parisiennes, et Rémy Pommeret (La Peau de l’ours, Bruxelles), lequel réinterprète les représentations d’animaux dans une approche anthropocène. Héloïse Rival (Prima, Paris) expérimente enfin la céramique murale à travers un entrelacement de motifs et de figures, tandis que la Canadienne Lindsay Montgomery (Chiguer Art Contemporain, Montréal) puise son inspiration dans la tradition de l’istoriato et de la céramique de la Renaissance. La veine figurative est toujours d’actualité avec les mythologies fantastiques de Dayane Obadia (Valérie Delaunay, Paris), les corps en solitude de Lara Bloy (Pauline Renard, Lille), les scènes d’une intimité ordinaire de Léa Toutain (Camille Pouyfaucon, Paris) ou encore les figurations évanescentes de Pit Riewer (Reuter Bausch Art Gallery, Luxembourg). Les enjeux environnementaux, géopolitiques et sociétaux actuels sont également évoqués : Écho 119 (Paris) réunit autour de la thématique des fonds sous-marins Aurore de la Morinerie, Manon Lanjouère et Laure Winants ; Alain Hélou (Brest) présente les herbiers de Dmitry Bulnygin, méditation poétique sur la fragilité de la flore ; Spaceless Gallery (Paris, New York) confronte trois artistes traitant du thème de la nature en tant que langage, recadré par l’artisanat ou la technologie, dont les branches en bronze générées par intelligence artificielle et les nouvelles tapisseries d’Aubusson d’Aurèce Vettier, ou les séries Rose et Lune de Quentin Derouet qui transforment les pétales et le charbon de bois en signe de passage et de mémoire.

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Art Paris, 9-12 avril 2026, Grand Palais, 7, avenue Winston Churchill, 75008 Paris.

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