Ses sculptures figuraient dans l’exposition mythique « Quand les attitudes deviennent forme » (« When Attitudes Become Form ») de Harald Szeemann à la Kunsthalle de Berne, en Suisse, en 1969, aux côtés notamment d’œuvres de Joseph Beuys, Richard Serra ou Michelangelo Pistoletto. L’artiste américain Alan Saret est mort le 26 mai 2026 à Brooklyn, à l’âge de 81 ans.
Né le 25 décembre 1944 à New York, il s’est fait connaître avec ses sculptures souples, composées de fil de fer, de caoutchouc et d’autres matériaux industriels facilement accessibles, qu’il a commencé à créer en 1967. Post-minimaliste, il privilégiait une approche chaotique et indisciplinée, créant des pièces écrasées, tordues et, dans certains cas, suspendues, à rebours de l’ordre et de l’esthétique austère associés à l’art minimal ou à l’arte povera. À propos de ces sculptures suspendues, il a un jour fait remarquer qu’elles « respiraient », presque « comme des esprits, la forme la plus raréfiée de la matière ».
Après un séjour de trois ans en Inde au début des années 1970, Alan Saret s’est remis à la création artistique, explorant des conceptions numériques et géométriques de l’espace. Il décrivait son travail, qualifié d’« anti-forme », comme un processus d’« animation ». Robert Morris a théorisé ce mouvement dans un texte manifeste paru dans Artforum en avril 1968. Sa pratique englobait également le dessin, la peinture, l’architecture, l’étude de la géométrie ou l’écriture. Parallèlement à ses sculptures, il a réalisé des œuvres sur papier mêlant traces spontanées, configurations géométriques et symbolisme mystique.
« Le minimalisme se frayait un chemin à travers la jungle de l’acier soudé au moment où je cherchais ma voie en tant qu’artiste, écrit Alan Saret sur son site Internet. J’étais attiré par la géométrie élémentaire et le caractère non compositionnel de ce mouvement, et j’ai fait la connaissance de son principal représentant, Robert Morris, alors que j’étais étudiant au Hunter College, où il enseignait. [...] Alors que Morris et d’autres minimalistes définissaient clairement un champ peuplé de formes primaires rigides auxquelles je pouvais opposer des formes primaires souples, mon sens de ces formes a peut-être été influencé par l’été que j’ai passé en 1961 en tant qu’assistant dans l’univers des formes fluides de l’architecte Paolo Soleri. »
Les créations d’Alan Saret ont été présentées dans de nombreuses expositions personnelles, notamment à la Bykert Gallery, à New York (1969 et 1970), au Seattle Art Museum (1977) ou à la galerie Karma, à New York (2022, 2024, 2025). Le MoMA PS1 a consacré à l’artiste une rétrospective en 1990.
Depuis ses débuts, il a participé à plus d’une centaine d’expositions collectives dans des galeries et des institutions muséales. Parmi ces dernières : « Annual Exhibition : Contemporary American Sculpture » au Whitney Museum of American Art, New York (1968) ; « Six Sculptors : Extended Structures » au Museum of Contemporary Art Chicago (1971) ; « Contemporary Sculpture » au Museum of Modern Art, New York (1979) ; « Drawings : The Pluralist Decade » à la Biennale de Venise (1980) ; « Developments in Recent Sculpture » au Whitney Museum of Art, New York (1981) ; « Between Geometry and Gesture : American Sculpture 1965-1975 » au Museum of Contemporary Art, Los Angeles (1991) ; « Negative Space » au ZKM | Center for Art and Media Karlsruhe, Allemagne (2019) ; ou encore « Worlds of Networks » au Centre Pompidou, Paris (2022).
Une installation d’Alan Saret – une ouverture creusée dans un mur de briques –, présentée dans l’exposition inaugurale du PS1 Contemporary Art Center en 1976, existe toujours dans l’espace du Queens, rebaptisé MoMA PS1 après son rattachement en 2000 au Museum of Modern Art de New York.
Ses œuvres figurent notamment dans les collections de l’Art Institute of Chicago ; du Museum of Contemporary Art de Chicago ; du Dallas Art Museum ; du Detroit Institute of Art ; du Hammer Museum, à Los Angeles ; du Metropolitan Museum of Art, à New York ; du Museum of Modern Art de New York ; du MoMA PS1, à New York ; de la Morgan Library & Museum, à New York ; du Brooklyn Museum, à New York ; du Whitney Museum of American Art, à New York ; du Museum of Contemporary Art de Los Angeles ; du Museum of Fine Arts de Houston ; ou de la National Gallery of Art, à Washington.



