Les prix AWARE (Archives of Women Artists Research & Exhibitions) célèbrent cette année leur 10e anniversaire. Créés en 2016 par l’association du même nom, leur objectif est d’offrir de la visibilité à des artistes femmes, trans ou non-binaires n’ayant pas bénéficié d’une reconnaissance institutionnelle suffisante. Désormais associés au Centre Pompidou, ils distinguent chaque année une artiste en milieu de carrière avec le Prix Nouveau Regard et une artiste dont le parcours s’étend sur plus de quarante ans avec le Prix d’honneur. Les deux lauréates pour 2026, Laura Gozlan et Soun Gui Kim, bénéficieront d’acquisitions au bénéfice des collections du musée national d’art moderne.
Laura Gozlan, lauréate du Prix Nouveau Regard, est une artiste, scénographe et plasticienne française qui vit et travaille à Paris. Formée en scénographie à l’université d’art et de design d’Helsinki (Finlande), elle est également diplômée de l’ENSAD (Paris) et du Fresnoy (Tourcoing). Ses films, nourris de multiples références, mettent en scène des personnages ambigus évoluant entre désir et insatisfaction dans des univers contrastés. À travers une série de microfictions, l’artiste suit les transformations de MuM, une figure androgyne qui brouille les frontières du corps humain et posthumain. Son travail a notamment été présenté dans des expositions personnelles et collectives au Kunstraum Niederoesterreich (Vienne) en 2024, aux Bains-Douches (Alençon) en 2022 et à FUTURA (Prague) en 2020.

Soun Gui Kim. Photo Rotraut Pape
Pour sa part, la lauréate du Prix d’honneur, Soun Gui Kim, est née en Corée du Sud et s’est installée en France en 1971 après de longues études d’art à l’université de Séoul. L’artiste, poète et enseignante a été initialement formée à la peinture avant de s’en éloigner dans les années 1970 avec ses Situations plastiques, des performances participatives en plein air ayant pour but de sortir l’art des musées pour le confronter aux éléments. À partir des années 1980, Soun Gui Kim recentre son travail autour de l’art vidéo et collabore notamment avec John Cage. Elle revendique un art non productif qui explore la notion de vide. Elle a déjà fait l’objet d’expositions au MAMAC de Nice (1991) et au Centre Pompidou (2007) dans le cadre de l'exposition collective « Les peintres de la vie moderne », ainsi que de rétrospectives, notamment au MMCA de Séoul (Corée, 2019) et au ZKM de Karlsruhe (Allemagne, 2022).
Pour cette 10e édition, quatre rapporteurs du monde de la culture ont chacun présélectionné deux artistes pour les prix. Les plasticiennes ont ensuite été défendues par ceux-ci devant un jury composé de sept professionnels du monde de l’art, présidé cette année par Jeanne Brun, directrice adjointe en charge des collections au Centre Pompidou. Il réunissait notamment des conservateurs, commissaires d’exposition, directeurs d’institutions et artistes liés au Centre Pompidou et à AWARE.




