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Chez Sotheby’s à New York, un ensemble de miroirs en bronze de Claude Lalanne fait voler en éclats le record de l’artiste

Adjugé 33,5 millions de dollars (28,6 millions d’euros), cet ensemble, qui a appartenu à Yves Saint Laurent, confirme la progression continue du marché de Claude et François-Xavier Lalanne.

Carlie Porterfield
23 avril 2026
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 Les miroirs de Claude Lalanne exposés chez Sotheby’s à New York. Courtesy Sotheby’s

Les miroirs de Claude Lalanne exposés chez Sotheby’s à New York. Courtesy Sotheby’s

Un ensemble de plus d’une douzaine de miroirs feuillagés en bronze et cuivre de Claude Lalanne a atteint 33,5 millions de dollars (28,6 millions d’euros, frais inclus) chez Sotheby’s à New York, mercredi 22 avril 2026, soit plus du double de son estimation haute de 15 millions de dollars (12,8 millions d’euros). Ce résultat établit un nouveau record aux enchères pour l’artiste et dépasse le plus haut prix jusque-là atteint sur le second marché pour son défunt mari et collaborateur de longue date, François-Xavier Lalanne. Selon un porte-parole de Sotheby’s, le lot a suscité une vive bataille d’enchères, cinq acheteurs se disputant l’œuvre pendant dix minutes.

« En dehors de Versailles, c’est sans doute l’ensemble de miroirs le plus important jamais conçu comme un décor unifié. Le marché en reconnaît aujourd’hui l’importance », estime Edith Dicconson, fondatrice du cabinet de conseil Dicconson Fine Art. Celle-ci a auparavant occupé, pendant plus de dix ans, des fonctions managériales à la galerie Kasmin de New York, qui a joué un rôle majeur dans l’essor de ces artistes français sur le marché américain.

Le résultat enregistré cette semaine chez Sotheby’s marque une étape dans la montée en puissance de la cote des Lalanne aussi bien pour leurs œuvres communes que pour leurs productions individuelles. Historiquement, les pièces de François-Xavier se vendaient beaucoup plus cher que celles de Claude. Mais la vente new-yorkaise vient de dépasser le record du premier, établi en décembre 2025 à 31,4 millions de dollars (26,8 millions d’euros, frais inclus) pour un bar en forme d’hippopotame.

Jusqu’à ce mois-ci, le record de Claude Lalanne aux enchères ne s’élevait qu’à 4,9 millions d’euros, atteint en 2023 pour l’un de ses célèbres bronzes Choupatte, représentant des choux-fleurs pourvus de pattes de poulet. La semaine dernière encore, sa sculpture monumentale dorée La Pomme de New York s’est vendue 6 millions d’euros (frais inclus) chez Christie’s à Paris.

« Je ne qualifierais pas cela de basculement plus général du marché, mais plutôt de rééquilibrage, estime Edith Dicconson. Historiquement, François-Xavier a atteint des prix plus élevés, en grande partie en raison de l’échelle de ses œuvres, tandis que celles de Claude sont souvent d’un format plus intime. Or, en l’espèce, il s’agit d’une œuvre de Claude véritablement monumentale, ce qui change naturellement la donne. »

L’un des quinze miroirs de l’ensemble de Claude Lalanne. Courtesy de Sotheby’s

La prestigieuse provenance de ces miroirs contribue également à leur pouvoir d’attraction. Commandées par Yves Saint Laurent et son compagnon, Pierre Bergé, ces quinze œuvres d’inspiration botanique avaient été conçues à l’origine pour le salon de musique de leur appartement parisien. Elles étaient apparues pour la première fois aux enchères en 2009, lors de la vente historique de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé organisée par Christie’s au Grand Palais, où elles avaient atteint 1,8 million d’euros.

Elles avaient alors été acquises par Terry de Gunzburg, ancienne directrice artistique d’Yves Saint Laurent Beauté et créatrice de Touche Éclat, l’un des produits cosmétiques ayant connu le plus grand succès commercial de l’histoire. Les miroirs ne furent toutefois jamais installés dans sa résidence et demeurèrent pour l’essentiel en réserve, hormis leur présentation dans la rétrospective consacrée aux Lalanne au musée des Arts décoratifs, à Paris, en 2010.

Ils constituaient le lot vedette d’une vente de design organisée autour de la collection de Jean et Terry de Gunzburg.

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