Depuis 2021, le prix Rubis Mécénat, en partenariat avec les Beaux-Arts de Paris, permet à un ou une étudiant(e) de l’école de bénéficier d’une aide à la production et d’un accompagnement critique pour la création d’une œuvre inédite présentée en l’église Saint-Eustache à Paris (1er arrondissement). Tous les ans, ce prix, créé par le fonds de dotation du groupe Rubis, est décerné à un ou une élève de 4ᵉ ou de 5ᵉ année des Beaux-Arts de Paris, retenu(e) par un jury sur appel à projets. Cette année, c’est Rémi Marcel, étudiant en 5ᵉ année dans l’atelier de l’artiste Tatiana Trouvé aux Beaux-Arts de Paris, qui a été choisi. Il sera assisté dans sa tâche par Oulimata Gueye, commissaire invitée de cette nouvelle édition. Le travail de l’artiste sera présenté au public, au sein de l’église, en octobre 2026.
Pour cette édition, Rémi Marcel a conçu une installation qui dialogue avec l’église Saint-Eustache, son architecture et son ancrage dans une histoire urbaine de la nourriture. Cette approche n’a rien de fortuit : la pratique de l’artiste trouve son origine dans sa formation initiale de cuisinier-pâtissier. Il élabore des dispositifs dans lesquels semences, plantes et légumes participent pleinement à l’acte de création. À travers ses sculptures, ses dessins et ses installations, son travail fait une large place à l’expérience sensible, qu’elle se noue autour d’un repas, d’un feu ou de matières en cours de transformation. Il était dès lors logique qu’il inscrive sa propre histoire dans le projet imaginé pour l’église Saint-Eustache, située au cœur des Halles, dans ce qu’Émile Zola désignait comme « le ventre de Paris ».
Dans le cadre de cette création, l’artiste installera deux demi-colonnes. L’une portera un écosystème autonome où germera du blé ; l’autre agira « comme son empreinte figée », selon Rubis Mécénat. La première puise dans les éléments naturels qui marquent l’église de leur empreinte, tels que le soleil et la pluie, tandis que la seconde, moulée en argile, s’apparente à une mémoire minérale, comme un vestige archéologique. L’ensemble devrait ainsi rappeler aux visiteurs la proximité passée du plus grand marché alimentaire de la capitale.




