Né en 1975 à Vincennes (Val-de-Marne), Fabien Verschaere vivait et travaillait à Paris. Souffrant d’une maladie génétique rare ayant entravé sa croissance, son enfance a été marquée par de longs séjours à l’hôpital, durant lesquels la lecture de contes et les dessins de monstres ont nourri son imaginaire, trouvant plus tard un écho dans une œuvre fantasmagorique. Il est mort brutalement, d’un arrêt cardiaque, dans la matinée du 9 avril, à l’âge de 50 ans. Il devait recevoir ce 14 avril la médaille de chevalier des Arts et des Lettres à la galerie Laurent Rigail, qui le représente à Paris depuis 2012. Il venait d’y présenter, en tant que commissaire, l’exposition collective « Fabien Verschaere & Guests. Ceux que nous sommes », réunissant autour de lui une vingtaine d’artistes, de Gérard Garouste à Jean-Baptiste Sécheret. « Les œuvres sont comme des parfums, déclarait-il à cette occasion. Il y a cette idée de mémoire, de ne pas imposer une image comme un slogan. »
Diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2000, et des Beaux-Arts de Nantes l’année suivante, Fabien Verschaere expose dès 2006 au Palais de Tokyo, à Paris. Ses œuvres sont montrées en 2009 dans l’exposition « La Force de l’Art 02 » au Grand Palais. En 2014, le musée d’Art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole lui consacre une exposition personnelle. L’année suivante, il participe à une exposition collective au musée SEMA à Séoul, puis au musée GMOMA en 2016, dans cette même ville. Nombre de galeries françaises et étrangères, de Hongkong à New York ou Abou Dhabi, ainsi que des centres d’art ont exposé son travail à l’univers étrange, chaotique, parfois grinçant – notamment ses autoportraits – dans le cadre de monographies ou d’expositions collectives.
Multipliant ces dernières années les partenariats, il a notamment conçu un service en verre avec le Centre international d’Art verrier de Meisenthal. La RMN-GP lui a passé commande d’une création in situ, inaugurée dans la rotonde du Grand Palais en 2013. Il a réalisé une fresque monumentale dans le XIIIe arrondissement parisien, dans le cadre du programme « 1 immeuble, 1 œuvre », une commande à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication.
« Les œuvres de Fabien Verschaere se trouvent à la confluence de multiples influences : imagerie médiévale, bande dessinée, psychanalyse, culture populaire et univers de l’enfance – des rêves aux cauchemars – se voient ainsi convoqués à l’élaboration d’un travail auréolé de mystère, écrit la galerie Laurent Rigail. L’artiste crée comme étreint par l’urgence, prolifique, son travail lui offrant une formidable espace de liberté où il peut laisser libre cours à ses pulsions et interroger les limites que l’on s’impose communément. »




