Son départ était annoncé. Rachida Dati, qui aura occupé le poste de ministre de la Culture durant vingt-cinq mois, reconduite dans ses fonctions sous quatre gouvernements, a remis le 25 février sa démission au président de la République. La candidate à la mairie de Paris, soutenue par Les Républicains (LR) et la majorité présidentielle, n’avait pas précisé la date exacte de son départ, le début de la campagne étant fixé au 2 mars.
Interrogée sur BFM sur cette démission tardive, l’ancienne garde des sceaux et maire du 7e arrondissement de Paris a expliqué : « J'avais décidé de quitter le gouvernement avant les élections municipales pour me donner pleinement […] dans cette campagne. J’avais une mission à terminer, j’avais pris des engagements vis-à-vis des agents du ministère de la Culture ».
Elle quitte le gouvernement au lendemain de nominations attendues : Christophe Leribault à la présidence du musée du Louvre, lequel succède à Laurence des Cars, contrainte de partir après le cambriolage des joyaux de la Couronne et des mois de dysfonctionnements au sein de l’établissement ; et Annick Lemoine, en provenance du Petit Palais, nouvelle présidente de l’Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing.
La nomination surprise, le 11 janvier 2024, de Rachida Dati Rue de Valois avait fait l’effet d’une « prise de guerre ». Dès son arrivée au ministère, elle n’avait pas caché ses ambitions pour la course à la mairie de Paris. D’aucuns y ont vu un coup politique, lui reprochant d’en avoir fait un tremplin, jusqu’au dernier moment, avec un bilan faible.
À la tête du ministère de la Culture, Rachida Dati a d’emblée affiché une volonté de rendre la culture accessible au plus grand nombre, faisant du plan « Culture et ruralité » une priorité. Elle a porté le dossier controversé de la réforme de l’audiovisuel public, avec pour objectif de rapprocher France Télévisions, Radio France et l’Institut national de l’audiovisuel (INA) au sein d’une holding. Un projet resté sans suite. Entendue le 23 février par la commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des musées diligentée après le vol du Louvre, dont le ministère a la tutelle, elle a acté l’abandon de la mission de réorganisation du musée annoncée en grande pompe fin décembre 2025, après avoir décidé de mesures d’urgence et lancé une enquête administrative.
La candidate de la droite à la mairie de Paris, qui a menacé le journaliste Patrick Cohen de poursuites judiciaires sur un plateau de télévision après avoir été interrogée sur les honoraires de GDF Suez non déclarés perçus lorsqu’elle était députée européenne, doit être jugée en septembre pour corruption et trafic d’influence. Elle est accusée d’avoir fait illégalement du lobbying à Bruxelles, contre rémunération, pour le compte du constructeur automobile Renault. Rachida Dati, qui nie farouchement les faits, risque notamment une peine d’inéligibilité de cinq ans, qui lui ferait perdre son mandat si elle venait à être élue maire de Paris.




