Jusqu’à l’ultime limite, elle a bénéficié du formidable écho donné par le prestigieux poste de ministre de la Culture, mais cela n’a manifestement pas suffi : Rachida Dati n’a pas réussi à s’emparer de la mairie de Paris le 22 mars 2026. La meilleure opposante à Anne Hidalgo au cours de la précédente mandature avait bénéficié d’un coup de pouce inespéré en étant nommée Rue de Valois à la surprise générale par Emmanuel Macron le 11 janvier 2024, dans le gouvernement de Gabriel Attal. Malgré la dissolution, et la nomination de trois autres premiers ministres – Michel Barnier, François Bayrou et Sébastien Lecornu –, sa ténacité lui a permis de conserver son portefeuille et de rester ministre de la Culture jusqu’à sa démission le 25 février 2026, dix-huit jours seulement avant le premier tour des élections municipales. Réélue dès le 15 mars à la tête du 7e arrondissement, avec 58,77 % des voix, elle est cependant arrivée deuxième pour la course à la mairie centrale, avec un retard de 12,5 % sur le candidat socialiste. Au deuxième tour, elle a bénéficié de la meilleure configuration possible, étant la seule candidate de la droite après la fusion avec la liste de Pierre-Yves Bournazel (Horizon) et le retrait de Sarah Knafo (Reconquête) qui avait enregistré un score historique pour un candidat d’extrême droite à Paris (10,4 %). Emmanuel Grégoire (PS) devait quant à lui composer avec le maintien de la candidate LFI Sophia Chikirou. Finalement, c’est l’ancien premier adjoint de la maire de Paris Anne Hidalgo (2018-2024) qui l’a largement emporté, 50,52 % contre 41,52 % pour Rachida Dati. Un cuisant échec.
À Strasbourg, c’est Catherine Trautmann, l’ancienne ministre de la Culture (1997-2000) de Lionel Jospin – qui est décédé dimanche à l’âge de 88 ans –, qui a fait un retour inattendu en redevenant maire de la capitale alsacienne après deux premiers mandats, en 1989-1997, puis à nouveau en 2000-2001. Battant la maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian (31,7 % des voix), elle a totalisé 37 % des suffrages, tandis que le candidat LR Jean-Philippe Vetter est arrivé en troisième position (31,3 %). Au cours de ses premiers mandats, Catherine Trautmann avait placé la culture parmi ses priorités, doublant son budget entre 1988 et 1997, pour lui consacrer environ 20 % des dépenses totales de la Ville. Elle avait même lancé une carte culture pour tous les étudiants, leur donnant accès à une offre culturelle à prix réduit. De son côté, Jeanne Barseghian avait suscité la polémique en décidant à l’automne 2022 de fermer les musées municipaux deux jours par semaine au lieu d’un pour faire des économies. La mesure avait été finalement abandonnée en 2023. En rupture avec cette politique, Catherine Trautmann a affiché sa volonté de faire à nouveau de la culture l’un des axes forts de son action en tant que maire de Strasbourg, et de s’appuyer sur elle pour redonner de l’attractivité à la ville alsacienne.





