Lancée en 2018, la vaste politique de développement de la région d’AlUla, en Arabie saoudite, en vue d’en faire une destination du tourisme international, porte déjà ses fruits. Pour mener à bien ce programme, la Commission Royale pour AlUla (RCU) s’appuie notamment sur l’Agence Française pour le Développement d’AlUla, aujourd’hui présidée par l’ancien ministre Jean-Yves Le Drian. Ce territoire n’a pas été choisi au hasard : il conserve d’éminents témoignages de civilisations passées. Non loin de sa grande oasis, figure en effet des sites archéologiques majeurs, aussi bien les vestiges de Dadan, l’une des principales villes antiques du nord-ouest de l’Arabie, que ceux d’Hegra, cité nabatéenne dotée comme à Petra de majestueuses tombes sculptées dans la roche. Cent quarante archéologues fouillent actuellement les lieux, un petit musée venant même d’ouvrir au pied du site funéraire de Dadan pour présenter des artefacts excavés sur place.
AlUla ne veut pas seulement être tourné vers le passé mais devenir également un pôle majeur pour la création contemporaine. La première collaboration avec le Centre Pompidou – partie prenante dans le projet de musée d’art contemporain local – va se concrétiser à partir du 1er février avec l’exposition « Arduna ». La Villa Hegra, résidence franco-saoudienne faisant partie de ¡Viva Villa !, réseau de résidences artistiques françaises à l’étranger, et pilotée par sa directrice générale Fériel Fodil, a inauguré son premier site en octobre et amorce une montée en puissance de ses activités. Elle a ainsi présenté le 16 janvier le spectacle Vertigo (Vertige) de Rachid Ouramdane, Nathan Paulin et Christophe Chassol, avec la complicité de Dance Reflections by Van Cleef & Arpels. Lors de ce spectacle magique, les acrobates ont évolué au rythme de la musique et des danseurs sur des fils tendus entre deux falaises sur le site spectaculaire de Desert X AlUla 2026. Cette biennale, originellement lancée dans le désert autour de Palm Spring, en Californie, propose son troisième et dernier opus jusqu’au 14 février 2026. Une dizaine d’œuvres d’art contemporain, souvent monumentales, se déploie sous le commissariat de Wejdan Reda and Zoé Whitley, la direction artistique étant assurée par Neville Wakefield et Raneem Farsi. Parmi les pièces majeures de cette édition figure celle de Tarek Atoui, The Water Song, création sonore qui emplit de sa poésie les lieux et émerge du sable pour venir résonner sur la roche ocre sculptée par les éléments. Un réseau de canaux vient irriguer un palmier planté dans le désert dans cette autre œuvre insigne, de Mohammad AlFaraj (What was the question again ?). Sara Abdu a, de son côté, installé des sculptures qui viennent reproduire les ondes sonores de sa voix lisant un poème. Si Héctor Zamora a conçu une sculpture constellée de tam-tam, activée lors du vernissage, un gros galet évoque plus loin les cours disparus du site. Son auteure, l’artiste Basmah Felemban, pilote aussi la saison inaugurale 2025-2026 de la Villa Hegra avec Gaël Charbau, et donc la participation de la structure au Festival des Arts d’AlUla 2026. Toujours dans un riche dialogue des cultures, liant paysages à couper le souffle, patrimoine et création contemporaine.





