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Oh La La d’Art Basel Paris
Entretien

Loïc Prigent : « J’espère donner matière à intrigue pour ceux qui se sentent perdus dans les foires d’art »

Pour la deuxième édition d’Oh La La, section spéciale du week-end à Art Basel Paris, le journaliste et expert de la mode explore les convergences entre mode et art contemporain.

Propos recueillis par Arthur Frydman
24 octobre 2025
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Portrait de Loïc Prigent. Photo : Julien Da Costa

Portrait de Loïc Prigent. Photo : Julien Da Costa

Loïc Prigent n'a pas hésité. Il a immédiatement accepté lorsque Art Basel l'a contact é pour diriger artistiquement Oh La La, initiative invitant une quarantaine de galeries à présenter de nouvelles œuvres le vendredi et le samedi de la foire. Pour cette édition placée sous le thème « À la mode », il propose un parcours transversal mêlant références explicites et clins d'œil subtils.

Comment êtes-vous devenu commissaire de la section Oh La La d’Art Basel Paris et qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’endosser ce rôle dans une foire d’art contemporain ?

C’est une demande venue d’Art Basel directement. J’ai une passion personnelle pour l’art contemporain et les arts décoratifs, nourrie par mon expérience dans la mode où je découvre constamment des références artistiques. À dire vrai, je ne me suis pas senti légitime, mais pour Art Basel, j’étais la seule personne qu’ils voyaient pour réaliser cette édition.

Que propose Oh La La ? En quoi se distingue-t-elle des autres sections ?

C’est une façon transversale et surprenante de visiter la Foire, qui s’adresse aux collectionneurs comme aux visiteurs du dimanche. Le parcours peut paraître léger et assume d’être frivole par moments, mais parle aussi de choses sérieuses : l’identité, la fierté, la sexualité, le genre, la tragédie écologique. J’espère donner matière à intrigue pour ceux qui se sentent perdus dans les foires d’art, et amuser les connaisseurs avec des clins d’œil.

Sur quels critères choisissez-vous les œuvres ?

Il fallait trouver le lien avec la notion de mode, qui est très large. Il y a des choses premier degré, comme une photo de défilé, des images qui pourraient être décollées d’un moodboardde studio, comme une photo de Mapplethorpe qui aurait pu servir au dernier défilé Saint Laurent. Et des choses plus subtiles : des artistes qui ne se réclament pas de la mode mais dont l’œuvre a des points communs avec elle. Il y a vraiment une place pour l’expérimentation et la rencontre entre disciplines.

Quels sont vos coups de cœur pour cette édition ?

Francesco Vezzoli chez Almine Rech, une grande figure dans le milieu de la mode qui retravaille des images de Horst P. Horst avec Mae West pour Vogue. J’étais content qu’il y ait des tapisseries, étant très attiré par le tissage. Également Louise Sartor à la galerie Crèvecœur ou encore Hunter Reynolds chez PPOW avec Make Up Make Down, une série de 1990 où son alter ego se maquille ou se démaquille: cela ressemble à des influenceurs beauté actuels, mais ça parle de construction d’identité.

Hunter Reynolds, Make Up Make Down, 1990, tissage photographique, tirages chromogènes et fil. Courtesy of the Estate of Hunter Reynolds and P·P·O·W, New York. Copyright Estate of Hunter Reynolds. Photo: Ian Edquist.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur Art Basel Paris, dans le paysage
des foires d’art contemporain ?

Je pense qu’il faut visiter beaucoup de foires. Je n’y vais pas du tout pour le côté mondain. J’ai une résistance au social qui est assez limitée, que je teste beaucoup pendant les défilés déjà. J’aime l’effort de découverte, se perdre à l’intérieur. J’aime le dédale, l’idée de labyrinthe. Il y a un système très agréable : on va voir des œuvres d’artistes célèbres, et tout d’un coup, quelqu’un qu’on n’a jamais vu, ou des artistes complètement émergents dont on n’a jamais entendu parler.

On observe un rapprochement entre mode et art contemporain. Pourquoi, selon vous, ces deux univers n’ont-ils jamais été aussi proches qu’aujourd’hui ?

Les deux milieux sont presque devenus interdépendants. La première fois que
je l’avais observé, c’était avec Marc Jacobs et Takashi Murakami. J’aime le côté sans complexe de la mode qui se saisit de l’art contemporain. Cette absence de hiérarchie me plaît. Les artistes ont sauvé des collections : quand Murakami est arrivé chez Louis Vuitton, ils n’avaient jamais fait autant de couleurs. Quand Peter Doig a collaboré avec Dior, c’était des couleurs que je n’avais jamais vues dans la mode. Et depuis Paul Poiret, l’association est légitime.
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Art Basel Paris, 24 au 26 octobre 2025, Grand Palais, 17, avenue du Général-Eisenhower, 75008 Paris.

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