À 97 ans, le photographe ghanéen James Barnor va recevoir le prix « Outstanding Contribution to Photography » 2027 des Sony World Photography Awards. Cette distinction, créée pour honorer des photographes qui ont fait avancer le médium, a déjà été attribuée à Martin Parr (2017), Graciela Iturbide (2021), Edward Burtynsky (2022), Sebastião Salgado (2024), Susan Meiselas (2025) et Joel Meyerowitz (2026). La cérémonie se tiendra à Londres le 15 avril 2027, lors du gala de la 20e édition du prix, lancé en 2007 et devenu l’un des plus importants du calendrier photographique mondial. Ce prix d’honneur s’accompagnera d’une rétrospective de plus de 50 œuvres de James Barnor à la Somerset House, du 15 avril au 3 mai 2027. Son travail a déjà été exposé en 2025 au MoMA à New York à l’occasion de l’exposition « Ideas of Africa », puis figure actuellement à la Fondation Cartier pour l’art contemporain dans « Le temps des récoltes » de son compatriote Ibrahim Mahama, (jusqu’au 28 février 2027).
Formé auprès de son cousin, le portraitiste J. P. D. Dodoo, James Barnor devient en 1950 le premier photographe attitré du Daily Graphic, journal lancé au Ghana. Il couvre les rassemblements populaires jusqu’à la proclamation de l’indépendance par Kwame Nkrumah, en 1957. Dès 1953, il avait ouvert à Jamestown, un quartier d’Accra, son studio Ever Young, où défilaient commerçants, étudiants, agents de la circulation, juges et responsables politiques.
En 1959, il s’installe en Angleterre pour approfondir sa technique. Il étudie la couleur au Medway College of Art, travaille dans un laboratoire spécialisé et collabore avec Drum, magazine sud-africain connu pour ses reportages contre l’apartheid, dont il illustre les couvertures et les pages mode. Une dizaine d’années plus tard, formé par Agfa-Gevaert en Belgique et en Allemagne, il rentre au Ghana et y crée le premier laboratoire couleur du pays, puis le studio X23. Il revient à Londres au début des années 1990, où il vit toujours.
Son œuvre est aujourd’hui présente dans les collections du MoMA à New York, de la Tate à Londres, du Centre Pompidou ou du musée du quai Branly, tous deux à Paris. Il a fait l’objet de rétrospectives à aux Serpentine Galleries à Londres, à Lugano, en Suisse, à Detroit, aux États-Unis, ou encore au LUMA Arles. Enfin, en 2024, le festival « James Barnor 95 » lui a été consacré à Accra et Tamale. « Honoré de recevoir ce prix », le récipiendaire a encouragé les photographes émergents « à rester curieux, à raconter leurs propres histoires et à transmettre ce qu’ils savent ».




