En 2001, le rapport d’Alain Quemin sur la place des artistes français à l’étranger, commandé par le ministère des Affaires étrangères, avait créé une onde de choc dans le milieu de l’art français. Il pointait la faible présence des représentants de la scène hexagonale dans les pays prescripteurs, comme l’Allemagne ou les États-Unis. Vingt-cinq ans après, l’actualité vient confirmer que, si tout n’est pas rose, la situation s’est considérablement améliorée.
Ainsi, cet été, Cyprien Gaillard a bénéficié en Autriche d’une importante exposition, « When You Expect Flutes, It’s Whistles », sur les quatre niveaux du Kunsthaus Bregenz (KUB), l’exceptionnel bâtiment signé Peter Zumthor. Au rez-de-chaussée, le visiteur était accueilli par Visitant (2021-2026), une immense figure gonflable blanche qui dansait au rythme du son du système KILLASAN. Le parcours se concluait par un film inédit coproduit par le KUB avec la Fondazione Prada de Milan, Deterrent (2026), mettant notamment en exergue l’utilisation de la musique pour éloigner les sans-abri de commerces de Los Angeles. L’institution autrichienne devrait dévoiler bientôt sa programmation 2027, qui fera la part belle à deux autres artistes de la scène française.
À Londres, c’est Tarek Atoui qui occupe cet automne la Turbine Hall de la Tate Modern avec Hold, une installation sonore immersive présentée jusqu’au 11 avril 2027. Anri Sala bénéficiera, quant à lui, à partir de la fin du mois de novembre, de sa première grande exposition au Portugal, au Museu de Serralves à Porto (du 27 novembre 2026 au 25 avril 2027), avant d’être l’invité du prestigieux Schaulager, le vernissage étant prévu à l’occasion d’Art Basel (du 12 juin au 28 novembre 2027). Après son exposition à la Fondation Beyeler, également près de Bâle (du 24 mai au 13 septembre 2026), Pierre Huyghe présente en ce moment UUmwelt dans le jardin de sculptures du Museum of Modern Art (MoMA) de New York (du 1er juillet au 29 novembre 2026).
Toujours aux USA, Laurent Grasso inaugure cette semaine au MASS MoCA, à North Adams, dans le Massachusetts, sa plus importante exposition personnelle à ce jour aux États-Unis. Intitulée « Metaphysical Maze », elle réunit, du 7 novembre 2026 au 16 janvier 2028, des moyens-métrages, des peintures, des sculptures et des installations, dont un nouveau film, Cosmic Drive (2026), réalisé à la suite d’une résidence au SETI Institute, en Californie. La manifestation trouvera un écho dans trois autres institutions américaines, d’abord à Olana, demeure historique du peintre Frederic Edwin Church, et au Thomas Cole National Historic Site, dans l’État de New York, du 22 novembre 2026 au 28 mars 2027. Un autre projet, enfin, se déroulera, à partir du 5 février 2027, au Burlington City Arts, dans le Vermont.
De l’Europe aux États-Unis, la scène française semble ainsi bénéficier d’un rayonnement redoublé, à l’image des paysages représentés dans les peintures de Laurent Grasso, parfois éclairés par deux soleils…





