Le musée du quai Branly – Jacques Chirac a consacré sa première exposition à un artiste contemporain en 2007 avec Yinka Shonibare. Près de vingt ans après, une œuvre de l’artiste britanno-nigérian, Refugee Astronaut XII (2024), rejoindra prochainement ses collections permanentes, grâce au soutien de la galerie Mennour, qui le représente désormais à Paris.
« Figure du réfugié autant que de l’explorateur spatial, Refugee Astronaut XII nous confronte aux migrations, contraintes par les conflits, les crises et l’urgence climatique qui fragilise toujours davantage les conditions de vie. Que choisit-on d’emporter lorsque l’on doit tout quitter ? Qu’est-ce qui fonde notre identité lorsque nous sommes déracinés ? », interroge le musée, qui poursuit : « Mais l’astronaute est aussi une figure de rêve et de conquête, porteuse d’un ailleurs possible. L’œuvre nous invite ainsi à regarder au-delà des frontières et à imaginer un avenir différent, sans reproduire les erreurs du passé. Elle rappelle le rôle du musée : faire résonner les héritages culturels avec les enjeux contemporains et ouvrir, par l’art, de nouveaux horizons de réflexion et d’espoir. »
Mennour lui consacre actuellement sa première exposition personnelle dans la capitale, intitulée « The Wind, the Earth and the Fire », au 5, rue du Pont-de-Lodi, à Saint-Germain-des-Prés.
Né en 1962 à Londres de parents nigérians, Yinka Shonibare a suivi sa famille à Lagos à l’âge de 3 ans, avant de revenir au Royaume-Uni pour étudier les beaux-arts à la Byam Shaw School of Art de Londres. Il a obtenu en 1991 un Master of Fine Arts (MFA) à Goldsmiths, prestigieux établissement de l’université de Londres.
En 2002, Okwui Enwezor, commissaire de Documenta 11 à Cassel, lui a commandé l’installation Gallantry and Criminal Conversation. Nommé pour le Turner Prize en 2004, il a bénéficié en 2008 d’une rétrospective au Museum of Contemporary Art de Sydney, qui a ensuite voyagé au Brooklyn Museum de New York, puis au National Museum of African Art de la Smithsonian Institution, à Washington. L’artiste a été élu membre de la Royal Academy en 2013. Son installation The British Library (2014) a été acquise par la Tate, à Londres, en 2019
En 2022, Yinka Shonibare a créé la fondation Guest Artists Space (GAS), destinée à favoriser les échanges culturels par le biais de résidences (dans différents sites de Lagos et dans une ferme à Ijebu, dans l’État d’Ogun, au Nigeria), de programmes publics et d’expositions.
En 2023, la 15e Biennale de Sharjah lui a passé commande d’une série d’œuvres, Decolonised Structures. En 2024, la Serpentine Gallery de Londres lui a consacré une exposition personnelle, intitulée « Suspended States », et son œuvre Monument to the Restitution of the Mind and Soul était incluse dans l’exposition collective « Nigeria Imaginary » du pavillon du Nigeria à la Biennale de Venise. En 2025, sa première rétrospective d’envergure sur le continent africain, « Safiotra [Hybridités/ Hybridities] » a été présentée à la Fondation H, à Madagascar.
Les œuvres de Yinka Shonibare figurent dans les collections d’institutions internationales majeures, parmi lesquelles la Tate et le Victoria and Albert Museum, à Londres ; le National Museum of African Art, Smithsonian Institution, à Washington ; le Museum of Modern Art, à New York ; le Moderna Museet, à Stockholm ; le Museum of Contemporary Art, à Chicago ; la National Gallery of Modern Art, à Rome ; et la Fondation VandenBroek, aux Pays-Bas.




