Une nouvelle fois, des événements extérieurs sont venus percuter de plein fouet les foires et les musées, cette fois lors de la Semaine de l’art à Paris, le rendez-vous le plus important de l’année pour le marché français. Art Basel Paris, l’événement phare qui se tient au Grand Palais, a fermé prématurément ses portes vendredi 23 octobre au soir, anticipant de possibles débordements en marge des manifestations prévues le lendemain.
La plupart des grandes galeries avaient déjà conclu de nombreuses ventes le mardi et le mercredi, lors de l’Avant-Première et des journées réservées aux VIP. De puissants collectionneurs français et internationaux ont répondu présents malgré les émeutes du 17 octobre. Les galeries de taille moyenne ou émergentes, qui ne proposent pas d’œuvres à plusieurs millions d’euros, comptaient, elles, sur une clientèle venue des régions françaises ou des pays limitrophes, qui se déplace traditionnellement le week-end. Comme nous l’ont confié plusieurs d’entre elles, la perte de ces deux journées de foire a lourdement pesé sur leur bilan. Certaines affirment même ne pas être rentrées dans leurs frais, alors que, justement, dans un contexte global morose, Art Basel Paris devait précisément représenter une part non négligeable de leur chiffre d’affaires annuel.
Comme lors de la pandémie de Covid-19, la foire a réagi en mettant en ligne une plateforme spéciale destinée à stimuler les ventes, Art Basel Paris – Encore. « Alors que cette édition s’est achevée plus tôt que prévu, Encore réunit plus de 1 700 œuvres présentées à la foire, vous permettant d’explorer les propositions des galeries, de découvrir de nouveaux artistes et d’entrer directement en contact avec les exposants », ont écrit aux VIP Karim Crippa, directeur d’Art Basel Paris, et Carly Murphy, directrice mondiale des relations avec les collectionneurs et les institutions.
De son côté, Philippe Charpentier, président du Comité professionnel des galeries d’art (CPGA), s’étonne qu’à aucun moment, ni lui, ni les membres de son conseil de direction n’ont été consultés par Art Basel avant la décision de fermer la foire le samedi et le dimanche. « Cela crée un vrai problème de respect et de confiance, affirme celui qui représente l’écosystème des galeries en France. Nous sommes quand même étonnés de ne pas avoir été au moins appelés avant pour en parler, alors que, dans le même temps, l’ensemble des autorités publiques s’étaient rapprochées de nous ». Et de poursuivre : « Nous soutenons complètement la fermeture du samedi. Cela nous paraissait, en vertu d’un principe de précaution, absolument indispensable après la faillite sécuritaire du week-end précédent et des débordements extrêmement graves qui s’en étaient ensuivis. Mais, nous aurions aimé plaider pour une réouverture le dimanche, comme ce fut le cas notamment pour l’exposition "Cezanne et nous" au Grand Palais ». Comme nous l’avons précédemment souligné, Philippe Charpentier confirme que « de nombreuses galeries de taille moyenne ou émergente, y compris des plus grandes, ont absolument pâti de cette fermeture de deux jours ». Nul doute que la question de l’indemnisation de ces enseignes, comme des autres, se posera dans les prochaines semaines…





