Soirée historique le 22 octobre chez Sotheby’s Paris. Sous le marteau d’Aurélie Vandevoorde, la vente de la collection Schlumberger baptisée « Le Temps retrouvé » a totalisé 74,4 millions d’euros, soit plus du double de son estimation basse. Tous les lots ont trouvé acheteur, dont 74 % au-dessus de leur estimation haute, une vente en « gants blancs » qui devient la vente de beaux-arts la plus chère de l’histoire de Sotheby’s en France. Clou du spectacle, l’huile sur toile Iris de Claude Monet, est partie pour 50 millions d’euros avec les frais (elle était estimée 22 à 30 millions d’euros). Après 45 minutes de bataille acharnée entre six enchérisseurs, la peinture devient l’œuvre d’art la plus chère jamais vendue aux enchères en France. Elle a été remportée au téléphone par Jen Hua, vice-présidente de Sotheby’s en Asie, pour le compte d’un collectionneur asiatique privé. Il s’agit du plus grand exemplaire de la célèbre série d’Iris encore en mains privées, et son seul véritable pendant est conservé au musée Marmottan Monet, à Paris.
Monet fut la vedette de la soirée : Saule pleureur ou L’Arbre de feu, icône de la série consacrée aux saules de Giverny, s’est envolé à 9,7 millions d’euros. La Seine à Vernon, Arbres a atteint 4,3 millions d’euros, loin de son estimation de 1,2 à 1,8 million d’euros ; enfin, La Maison à travers les roses a été adjugée 2,5 millions.
Les contemporains du peintre ont eux aussi enflammé la salle. La Valse de Camille Claudel, dans un exemplaire en bronze de 1905, a ouvert la vente à 832 000 euros, plus du double de son estimation basse. La Cueillette des prunes de Pierre Bonnard exposée pour la dernière fois en 1956 a atteint 2,5 millions d’euros, un record pour l’artiste aux enchères en France. Rêve d’Orient de Gustave Moreau a été adjugé 1,4 millions d’euros, nouveau record pour une œuvre sur papier de l’artiste et record français tout court. Son Saint Sébastien et un ange a quant à lui atteint 384 000 euros.
Par ailleurs, trois peintures de jeunesse de Cézanne classées « trésors nationaux » il y a peu n’ont finalement pas été mises aux enchères. Elles ont été retirées de la vente, une décision prise en accord avec la famille Schlumberger. La Ville d’Aix-en-Provence, où l’artiste est né, ambitionne en effet de les acquérir et de les exposer au musée Granet, avec l’appui du ministère de la Culture.
Pendant plus de quarante ans, Jeanne Schlumberger avait patiemment constitué cet ensemble de référence, une fraîcheur sur le marché qui a aussi joué dans ces résultats.




