L’homme d’affaires Louis Grandchamp des Raux se sépare d’une collection conséquente, de Jean-François Millet à Maurice Denis. Onze ans après avoir orchestré avec succès, en association avec Sotheby’s, la vente de tableaux classiques du collectionneur, Artcurial reprend seule le flambeau pour disperser cette fois soixante-quatorze œuvres de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. « Louis Grandchamp des Raux a un peu l’état d’esprit d’un chasseur, s’amuse Bruno Jaubert, directeur du département impressionniste et moderne d’Artcurial. Son souhait est de se séparer de cet ensemble pour continuer son exploration de la peinture en se procurant dorénavant des œuvres réalisées dans la première moitié du XXe siècle. Cette collection s’est faite dans la joie, en privilégiant la qualité décorative des œuvres et la lumière qui s’en dégage. »
Pour autant, les observateurs ont pu remarquer que certains tableaux ont été achetés en ventes publiques il y a peu. Tel Barque de pêche (1870-1871) de Jean-François Millet (estimé entre 500 000 et 800 000 euros) acquis en 2020 chez Artcurial, Sancta Marta (1893) de Maurice Denis ou Schouchana ou Suzanne (1891) de Paul Ranson adjugés en 2023 (Collection Sam Josefowitz, Christie’s). Pas de quoi inquiéter Mathias Ary Jan, galeriste, président du Syndicat national des antiquaires et ami du collectionneur : « Nombre d’œuvres ont été achetées dans les galeries auprès de marchands renommés. Elles seront donc presque inédites pour une très grande partie des collectionneurs. » Le lot phare de la vente, L’Île Chevalier (1894), par le désormais très recherché Maurice Denis (est. entre 700 000 et 1 million d’euros) lui a d’ailleurs été acquis lors de l’édition 2023 du Salon du dessin, à Paris. Parmi les pièces maîtresses, provenant là encore d’enseignes françaises ou européennes, figurent La petite Fenêtre (1946) de Pierre Bonnard (galerie Alexis Pentcheff, Marseille, est. entre 550 000 et 750 000 euros), Misia Natanson dans un bois (1897-1899) d’Édouard Vuillard (galerie Bérès, Paris, est. entre 450 000 et 650 000 euros), Étude pour « La Défiance » (1897), huile sur trait de crayon de Fernand Khnopff (HK Fine Paintings, Bruxelles, est. entre 300 000 et 400 000 euros) ou encore Fillette au grand chapeau (1909) de Léon Spilliaert (Galerie OFFA, Knokke, est. entre 300 000 et 400 000 euros).
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« Collection Louis Grandchamp des Raux. La Modernité en partage », 24 octobre 2026, Artcurial, 7, rond-point des Champs- Élysées, 75008 Paris.




