C’est l’une des collections particulières les plus importantes jamais présentées par Christie’s à Londres. À partir du 14 octobre 2026 – juste après la vacation « 20th/21st Century », marquée par La Vie mélangée (1907) de Vassily Kandinsky (est. 27 millions d’euros) et par la Composition III (1920) de Piet Mondrian (est. 23-35 millions d’euros) –, la maison propose en effet à la vente la collection de Peter Simon, fondateur de l’enseigne de mode Monsoon Accessorize. Trois vacations seront nécessaires pour disperser près de 200 œuvres : une vente du soir le 14, une vente de jour le 15 et une en ligne du 1er au 20 octobre. L’estimation globale se situe entre 100 et 150 millions d’euros.
LA PEINTURE DANS TOUS SES ÉTATS
Constitué depuis le début des années 1990, l’ensemble associe les modernes britanniques, les avant-gardes européennes et une scène contemporaine internationale soutenue dès le début de la collection. Deux œuvres de Francis Bacon ouvrent la vente : Figure in Movement (1978), attendu quelque 16 à 21 millions d’euros, compte parmi ses plus remarquables séries, où le portrait semble surgir de l’ombre ; Study for a Figure (vers 1945), estimé entre 4,5 et 7 millions d’euros, répond directement aux Three Studies for Figures at the Base of a Crucifixion de 1944, conservées à la Tate Modern de Londres.
Suivent Composition A, with Double Line and Yellow (1935) de Piet Mondrian (est. 9,4-14millions d’euros), exemple du dépouillement presque extrême de la période néoplastique de l’artiste, et Peinture (Les Amants, Adam et Ève, 1925) de Joan Miró (est. 8-11,5 millions d’euros), issue de la série des Peintures de rêve. Une œuvre de Willem de Kooning (Untitled, 1984) est évaluée entre 5,3 et 7,6 millions d’euros ; Streak 2(1979) de Bridget Riley, ancienne pièce de la collection Thyssen-Bornemisza, 4 à 6,5 millions d’euros ; quand un Fernand Léger (Le Siphon, 1924) et un Pablo Picasso (Crâne, lampe, poireaux, pichet, 1945) sont proposés entre 3,5 et 6 millions d’euros chacun.
Il faudra enchérir entre 1,2 et 3,5 millions d’euros pour acquérir une pièce signée Frank Auerbach, Ben Nicholson, Alighiero Boetti, Andy Warhol ou Jeff Koons. Le relief blanc de Ben Nicholson, 1934 (relief), taillé à la main dans une seule pièce de bois, est l’un des plus rares de la série ; la Mappa d’Alighiero Boetti (1988) a été brodée par des artisanes afghanes, écho inattendu aux routes emprun-tées par le jeune Peter Simon. Parmi les pièces plus accessibles figurent un dessin d’hôpital (The Hands and The Arm, 1948) de Barbara Hepworth (est. 175 000-290 000 euros) et un paysage de Leon Kossoff (Christ Church, Stormy Day, Summer, 1994) exposé à la Biennale de Venise en 1995 (est. 470 000-700 000 euros). Quant à l’art contemporain, Last House (2013) de Hurvin Anderson, montré au Turner Prize 2017 et à la rétrospective que la Tate Britain, à Londres, lui consacrera dans l’année, ainsi que deux tableaux de Cecily Brown (The Quarrel II, 2013, et The Wine Faced Sea, 2016) sont estimés entre 2,3 et 3,5 millions d’euros chacun. Beatriz Milhazes est présente avec cinq œuvres, dont O mar (1996, est. 800 000 euros-1,2 million d’euros). Michael Armitage, Glenn Ligon et Portia Zvavahera complètent cette ouverture internationale. Peter Simon considère que son regard doit beaucoup à ses débuts dans la mode, lorsqu’il sélectionnait avec ses sty-listes les motifs destinés aux tissus Monsoon. Il espère, avec cette vente, « libérer [son] esprit et [ses] murs » pour partir dans de nouvelles directions.
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« Monsoon. The Peter Simon Collection », vente du soir le 14 et de jour le 15 octobre 2026, en ligne du 1er au 20 octobre, Christie’s London, 8 King Street St. James’s, Londres, Royaume-Uni,




