Près de 150 ans après sa réalisation, un portrait inédit sur le marché de l’art peint par John Singer Sargent (1856-1925) sera bientôt en vente à Paris. Réalisé en 1879, le Portrait de René Kieffer est resté depuis sa création dans la famille du modèle et n’a jamais été proposé sur le marché de l’art. L’œuvre, estimée entre 80 000 et 120 000 euros, sera mise aux enchères le 21 septembre 2026 à 14 heures à Drouot, par la maison de ventes Aurélien Lechertier.
Exécuté alors que l’artiste n’a que 23 ans, ce portrait appartient aux années parisiennes qui jouent un rôle déterminant dans sa formation. Installé dans la capitale depuis plusieurs années, Argent travaille dans l’atelier de Carolus-Duran, dont il devient l’un des élèves les plus brillants. Il y développe, pendant dix ans, un langage pictural nourri par l’étude des maîtres espagnols, notamment Velázquez et Goya. Selon les organisateurs de la vente, le tableau « s’inscrit pleinement dans cette décennie fondatrice. Réalisé au moment où le jeune peintre affirme sa personnalité artistique, il témoigne de la maîtrise déjà remarquable qui caractérise ses premières commandes parisiennes. Les qualités d’observation, la subtilité psychologique et la liberté de la touche qui s’y expriment annoncent les chefs-d’œuvre qui seront présentés quelques années plus tard aux Salons de Paris avant de consacrer définitivement John Singer Sargent sur la scène internationale ».
Sujet du tableau, René Kieffer, né en 1870, est le fils d’Eugène Kieffer, avoué auprès de la Cour d’appel de Paris. Issu de la bourgeoisie parisienne, son père avait commandé à Sargent les portraits de ses deux enfants, René et Jeanne. Les deux tableaux, de dimensions identiques, formaient à l’origine un diptyque. Le portrait de Jeanne a été vendu à New York en 1985, tandis que celui de René est demeuré dans la descendance du modèle. En 1965, l’historien de l’art américain Charles Merrill Mount avait tenté de l’acquérir, sans succès, et la famille avait alors choisi de conserver l’œuvre. La vente de cette huile sur toile intervient judicieusement quelques mois après l’exposition « John Singer Sargent – Éblouir Paris » au musée d’Orsay, consacrée aux années parisiennes de l’artiste. Le portrait de René n’était pourtant pas présent dans cette manifestation, au contraire de celui de sa sœur Jeanne.




